Ghardaia - Revue de Presse

Ghardaïa: Des dépenses inutiles



A l'occasion de la fête du Maoulid Ennabaoui, la fièvre acheteuse regagne du terrain. A en croire les boutiques du quartier «Bab El-Haddad» de Ghardaïa, nos compatriotes n'ont pas le cÅ“ur à se plaindre de la crise économique. Sachant qu'il y en a qui souffrent visiblement de ce supplice, tandis que d'autres ne s'en soucient nullement.

 Pourtant, et vous l'auriez tous entendue, voire apprise, une phrase est sur toutes les lèvres: «la crise économique se fait sentir de plus en plus». Evidemment, passé la période des spéculations et estimations, le temps est bel est bien aux vociférations. Acheter des vêtements pour ses chérubins serait devenu un luxe pour beaucoup de foyers à revenus limités. Cependant, il n'est pas question de priver ses enfants de ce plaisir irremplaçable. Fort heureusement que la contrefaçon est d'actualité chez nous!

En effet, la crise se fait déjà sentir et ses répercussions se sont emparées des petites, ainsi que des grandes bourses. Et puisqu'il faut un peu de tout pour faire un monde, il y en a également ceux qui ne sont nullement rebutés par les ravages de cette crise économique qui ne ressemble en rien à ses précédentes, exigences de la vie moderne obligent. L'usage des tirelires serait sans doute de mise, car pour serrer la ceinture, il faudra désormais tout essayer. Cela sert également à esquiver un scénario pour le moins macabre. Interrogée, Fatma, une sexagénaire en retraite, qui est en même temps mère de six enfants, nous répond: «Je ne sais plus où donner de la tête. Entre bouches à nourrir et dépenses à équilibrer, mon cÅ“ur balance mille et une fois et ma poche aussi. J'ai l'impression voire la certitude que cette crise continuera de faire des siennes. Il ne se passe pas un jour sans qu'il y ait une augmentation sur le prix d'une denrée alimentaire. Toutefois, je pense qu'à la longue, les ménages ghardaouis doivent s'habituer à ces augmentations, quitte à commencer à en prendre plaisir», s'écrit-elle.

En effet, la dame parle de tout, sauf des pétards, qui pourtant envahissent les rues de Ghardaïa. A l'instar de cette citoyenne, grand nombre de Ghardaouis, tour à tour, s'insurgent, s'alarment… ou ne s'étonnent plus! Quoi qu'il en soit, cette crise ne laisse personne indifférent. Les plus lésés sont certes les milieux défavorisés. Ceux-ci ne lésinent pas sur les qualificatifs pour condamner un tel supplice, quitte à maudire cette année qui s'est annoncée sur fond d'atrocités. Après tout, la fête du Maoulid exige moins de dépenses que les autres fêtes religieuses, à une condition de s'en passer de l'achat des pétards et de ce qui s'ensuit! Sauf que personne ne peut renoncer aux sapidités et autres pâtisseries inhérentes à cette fête si chère. Et qui dit aussi huile végétale qui coûte les yeux de la tête, en dépit de la légère baisse de son prix.

Kacem, l'épicier, remarque que les plus aisés de ses clients hésitent longuement avant de remplir leurs paniers. D'autres ont la piètre idée de faire le plein de produits alimentaires tels que l'huile, le sucre, la semoule, etc. par crainte d'une inopinée pénurie, selon les dires de ce commerçant: «Avant cette crise économique, j'étais servi par l'endroit stratégique de ma boutique, car je travaille à proximité d'un quartier habité par des médecins, professeurs et avocats. Aujourd'hui, même ces derniers réfléchissent longuement avant d'acheter une «carafe d'huile» végétale. Tandis que d'autres n'hésitent pas à remplir leurs stocks de ce produit. Parce que des commerçants sans gêne ne cessent de lancer des rumeurs comme quoi il y aura une pénurie de certains produits alimentaires après le 12 du mois en cours». Du côté des professions libérales, l'on trouve de tout. Il y en a qui sont hostiles quant aux foudroyantes augmentations, mais il y en a aussi des stoïques. Ceux qui ne sont nullement gênés par les caprices de Ploutos. Comme prétend ce médecin, la crise économique n'est qu'un mirage.


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