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Pour certains «qafzine», (expression populaire désignant les débrouillards), l'Aïd El Adha est une bonne occasion pour faire de bonnes affaires, en espèces sonnantes et trébuchantes.En effet, certains, en s'adaptant aux besoins du moment, ont découvert, durant cette fête religieuse, le bon filon pour se remplir les poches, légalement et à la sueur de leur front, à travers des métiers sur mesure pour la fête du sacrifice (du mouton), l'Aïd El Adha. Le plus rentable et le plus usité est sans conteste celui d'«égorgeur» de moutons. Ils se sont même organisés en équipes complémentaires. Ainsi le 1er égorge, dépèce et dépiaute le mouton pour 2000 DA, le 2e est spécialisé dans le nettoyage de la douara pour 500 DA et le 3e pour flamber le bouzelouf pour 1000 DA et ce n'est pas fini car il faut encore le découper et ce n'est pas donné à tout le monde de le faire.Ainsi, il faut «trouver» un boucher pour vous le découper dans les règles de l'art pour de 2000 DA. Et voilà le service complet pour la modique somme de 5500 DA, tout compris? Sid Ali, Athmane et Dahmane sont une de ces équipes rencontrées à Sidi Abbaz en plein travail. Chacun d'eux et en fonction de sa «spécialité » est muni de ses «outils de travail». Sid Ali, l'égorgeur-dépeceur- dépiauter, déploie sa série de couteaux et une pompe servant à gonfler le mouton après égorgement, pour dépeçage, Athmane, deux petits couteaux pour ouvrir la douara et la nettoyer alors que Dahmane est «équipé» d'une bonbonne de gaz à laquelle est fixé un chalumeau pour flamber le bouzelouf.Il a aussi quelques couteaux pour gratter la peau de la tête et des pieds du mouton puis bien le laver pour le rendre lisse et blanc, prêt à être assaisonné et cuisiné à l'ancienne. Réglées comme une montre suisse, les trois opérations sont effectuées chronologiquement au quart de tour.Un (presque) vrai travail de pros? « Nous en faisons ainsi une dizaine de clients, ce qui nous fait un bon pactole gagné honnêtement tout en rendant service aux gens» susurre, Sid Ali, l'égorgeur, alors que pour Athmane et Dahmane, tous deux étudiants universitaires «je crois que dans cette affaire tous le monde est gagnant, nous on se fait un peu d'argent pour nos besoins d'achat de livres et autres et les citoyens sont dispensés de cette corvée». Propos appuyés par Aâmmi Rezki, chez lequel nous avons rencontré cette singulière équipe : «Je suis tout à fait d'accord avec les déclarations de ces jeunes.Eux, au moins ils ne font pas la manche et ne volent pas, ils travaillent et gagnent leur argent honnêtement, ils se débrouillent en toute légalité. Et nous, nous sommes débarrassés de cette encombrante corvée. D'ailleurs, à mon âge, il m'est impossible d'accomplir le moindre de leurs actes.Et je dirais même qu'heureusement que ces jeunes existent, car, autrement, je ne vois pas comment j'aurais pu faire seul.» Puis, comme se rappelant que le travail n'est pas fini, Aâmmi Rezzki ajoute : «Il faut encore le transporter jusqu'au boucher pour le faire découper pour 2000 DA et ensuite le rapporter à la maison pour une course en aller-retour de 700 DA.» Après un bref silence et arborant un très large sourire, Aâmmi Rezki clôt la discussion en murmurant : «Comme quoi que le mouton s'est bien défendu. Il a vendu chèrement, très chèrement même sa peau.»
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