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Ghardaïa



Ghardaïa
La comptabilité macabre des violences «intercommunautaires» qui frappent la région de Ghardaïa, au sud d'Alger se poursuit; 25 morts jusqu'à hier vers 17h 00 et la liste est ouverte. La déchirure s'élargit et s'aggrave par le sang qui s'y engouffre. Que l'on qualifie ce drame de violences ethniques opposant la communauté arabe à celle des Mozabites, de conflit entre citadins et campagnards, de réaction de jalousie contre une région économiquement dynamique ou qu'on classe le drame mozabite dans le registre des violences interconfessionnelles entre ibadites et malékites, le fait est que l'Etat dans tous ses démembrements a failli dans son rôle d'assurer la sécurité des biens et des personnes comme le stipule bien la Constitution. Signe probant que les autorités sécuritaires et politiques ne maîtrisent pas les choses, c'est qu'à chaque fois qu'elles interviennent la situation ne fait que s'aggraver parce que les bases d'une solution durable à ce conflit ont été faussées dès le départ. Elles ne correspondent ni à une logique d'un Etat central, ni à une démarche politique d'intégration, encore moins à la vraie nature du conflit. Ce n'est pas avec des propos lénifiants que l'on règle les problèmes. On a beau appeler aux vertus religieuses, convoquer le patriotisme et invoquer la sagesse, la déchirure ne fera que s'aggraver au risque d'emporter toute la nation. Tous les pays de la région sont ébranlés par des poussées de violences qui vont jusqu'à la désintégration des Etats nationaux. La Libye, le Mali, la Tunisie, la Mauritanie et le Niger, etc... Pourquoi pas l'Algérie' Cela n'arrive pas qu'aux autres! Cette région est au centre des appétits des puissances occidentales qui veulent établir une nouvelle carte géostratégique. Mais les décideurs algériens peuvent-ils s'exonérer de leur échec en brandissant indéfiniment l'excuse de la main de l'étranger'Les affrontement dans la vallée du M'zab ont été précédés par d'autres, même si les raisons intrinsèques sont différentes. Il y a eu les troubles à la nouvelle-ville d'Ali Mendjeli à Constantine, les manifestations de Laghouat, Illizi, Djanet et Bordj Badji Mokhtar, Ouargla et In Salah. Et à chaque fois la médication politique préconisée n'est pas adéquate, de même que l'alternative sécuritaire n'est pas la solution appropriée. A Ghardaïa, les choses sont allées encore plus loin quand les citoyens se sentaient carrément abandonnés par l'Etat. Les Mozabites attendent désormais une réaction ferme et la garantie d'une protection impartiale de l'Etat. En réalité, le M'zab a remis à l'ordre du jour des questionnements fondamentaux, à savoir: «N'est-il pas temps que l'Algérie se débarrasse de ce boulet de l'Etat centraliste hérité du colonialisme' Pourquoi cette atonie de l'élite algérienne, ce silence de la société des partis et des syndicats'» La vallée du M'zab est finalement un véritable miroir de nos échecs.


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