
Le lycée Moufdi Zakaria continue de défrayer la chronique.Encore une fois et malgré toutes les tentatives pour amener les lycéens des deux communautés à ne s'occuper que de leur scolarité, la violence est réapparue mardi, laissant ainsi entrevoir le gouffre qui sépare les jeunes. Que faut-il alors faire pour annihiler cette violence récurrente ' Faut-il fermer ce lycée avant que ne survienne l'irréparable ' Ce sont les lancinantes questions que se posent tous les parents d'élèves inscrits dans ce lycée devenu depuis quelque temps déjà le terrain d'affrontements et de turbulences ethnosociologiques de la région. «C'est une idée qu'il faut observer avec toute la rigueur qui s'impose dans ce cas précis. Adopter la posture de l'autruche mènera vers la catastrophe. Il y va de la vie humaine qu'il faut préserver à tout prix» selon Hamid, médecin dont l'enfant est inscrit en 2e AS dans ce lycée, devenu, par la force des évènements, un défouloir de toutes les ranc?urs contenues par nos jeunes.Il ajoute dans la foulée : «Même sa position aux limites des deux quartiers, arabophone de Theniet El Makhzan et mozabite de Béni Izguène, fait en sorte qu'au moindre pépin, les deux quartiers se font dangereusement face. Jusqu'ici, ce ne sont que quelques blessés sans gravité qui sont dénombrés dans les deux camps, mais cela peut dégénérer à tout moment et prendre une tournure autrement plus grave. L'Etat doit prendre des mesures draconiennes et diligentes pour régler radicalement ce problème qui tend à prendre des proportions aux conséquences incalculables.» Il a fallu mobiliser plus de 30 véhicules des forces antiémeutes, des centaines d'éléments, munis de casques, de triques et de fusils lance-grenades lacrymogènes, déployés très rapidement tout autour de cet établissement et s'interposer entre les citoyens des deux communautés pour que la situation soit enfin maîtrisée.Le pire a été évitéMême si entre-temps quelques blessés, une dizaine au total, ont été dénombrés parmi les lycéens, le pire a été évité. Selon un jeune lycéen, «c'est lorsqu'un jeune a tiré un couteau de sa poche en pleine classe que la panique s'est emparée, surtout des jeunes filles qui ont crié de toutes leurs forces. C'est alors que les heurts ont commencé dans les classes et la cour de l'école où beaucoup de jeunes munis de pierres se sont affrontés».Rapidement évacués vers leurs quartiers par un impressionnant cordon de sécurité, les élèves ont continué à s'accrocher entre eux dans la grande rue. Ils ont été vigoureusement empêchés par les forces de l'ordre, même si entre-temps quelques pare-brise ont volé en éclats. La Gendarmerie nationale, de son côté, a déployé des éléments antiémeutes sur la colline qui surplombe le lycée et le quartier de Oudjoudjen, sur les hauteurs de Béni Izguène, afin d'éviter que les jeunes ne s'y retrouvent et s'affrontent. «Jusqu'à quand allons nous supporter cette situation ' Nos enfants ne vont plus sur des lieux de savoir mais sur des terrains d'affrontements. Est-ce ainsi qu'ils deviendront des citoyens '», se lamente, paniquée, une propriétaire d'auto-école qui était venue en catastrophe chercher ses deux enfants inscrits dans ce lycée, ajoutant : «J'ai vraiment peur pour mes enfants. Je crois que je vais appliquer ce que leur père m'a conseillé, les inscrire pour la prochaine année à Jijel, notre ville natale.» C'est dire toute l'inquiétude des parents, qui non seulement s'inquiètent de l'année pratiquement perdue pour cause de grèves à répétition, mais surtout pour l'intégrité physique de leur progéniture.Une question s'impose : pourquoi de tous les lycées, les collèges, les écoles et l'université de Ghardaïa, seul cet établissement pose problème ' De la réponse à cette question découlera, sans aucun doute, la solution où à tout le moins un début de solution à cette équation. Ce n'est quand même pas la quadrature du cercle. Il y a urgence en la demeure.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K Nazim
Source : www.elwatan.com