On ne pourra pas dire « on ne savait pas »
C?est le chef du gouvernement qui a pris la décision de faire passer l?autoroute par le parc national », ont déclaré des sources qui citent le ministère des Travaux publics. Une manière comme une autre de s?en laver les mains. El Tarf : De notre correspondant Contrairement à juin 2007, lors de la première levée de boucliers des défenseurs du parc, Amar Ghoul, le ministre des Traveaux publics, qui avait déclaré que le parc sera évité, s?est depuis enfermé dans un mutisme qu?on ne lui connaît pas. Les amis du parc ont par conséquent demandé, sans grande conviction d?ailleurs, à être reçus par le chef du gouvernement. Mais las d?attendre une entrevue qui se fait désirer alors que les travaux avancent rapidement sur le terrain, ils ont fini par déposer la lettre qu?ils souhaitaient lui remettre et informé, en leur qualité de représentants du peuple, les membres du Sénat et de l?APN en leur adressant une lettre. « On ne pourra pas dire on ne savait pas », concluent leur lettre aux sénateurs et députés. Elle démontre et avertit des graves conséquences du passage de l?autoroute sur le parc national. Il anéantit un outil de gestion des milieux naturels, porte atteinte à la politique de conservation de la nature dans notre pays et menace l?économie locale qui se construit laborieusement autour de ces vacanciers et passagers qui viennent jouir des avantages qu?offrent les richesses naturelles de la région. En effet, l?autoroute va littéralement aspirer vers la Tunisie ces touristes avant même qu?ils n?aient eu le temps de regarder le décor. Les amis du parc ne comptent pas s?arrêter là, ils ont l?intention de saisir le président de la République, en tant que garant de l?application des lois, le passage de l?autoroute est en effet une transgression flagrante du statut des parcs nationaux algériens, et lui remettre une pétition de 20 000 signataires qui demandent l?arrêt des travaux et la recherche d?un itinéraire de contournement comme prévu et promis. Ils comptent également en référer à la justice en faisant valoir les nouvelles dispositions de la loi sur l?environnement et le développement durable. « Nous sommes parfaitement conscients que c?est le pot de terre contre le pot de fer, mais nous n?avons pas le droit de nous taire puisque nous connaissons les incidences désastreuses d?un tel projet. » Le relais sera ensuite pris par des membres de la communauté des Algériens en Europe et en Amérique qui se sont proposés de saisir les instances internationales et de déclencher une campagne au Japon contre Cojaal, le constructeur japonais de l?autoroute, au nom du pacte mondial de l?ONU qui engage les multinationales à adopter et appliquer les 10 principes moraux dans leurs relations avec les pays qui ne s?encombrent pas de ce genre de scrupules. Par ailleurs, les pouvoirs publics s?activent également à convaincre. Les ministres de l?Environnement et des Travaux publ ics sont en effet attendus cette semaine à El Tarf pour des « portes ouvertes » sur cette question. Sur le terrain, les travaux avancent rapidement. Sur certaines portions du tronçon contesté, on commence à déposer le tout-venant et le gravier et acheminer le matériel. « Cela ne nous décourage pas, on se battra tant qu?il y aura un kilomètre de parc à épargner, car ce que nous faisons est juste et nous en sommes persuadés par les innombrables marques de soutien qui nous sont adressées », nous ont répondu les défenseurs du PNEK. En effet, elles sont nombreuses et pour s?en convaincre, il suffit de jeter un coup d??il sur le site du comité www.sauvonsleparc.org.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Slim Sadki
Source : www.elwatan.com