El-Taref - Revue de Presse

La lumière au bout du fond de la classe



La grève des lycées, au début timide comme une collégienne, s?est finalement étendue à tout le pays et même la wilaya d?El Tarf, dont la spécialité folklorique est « le 99,99% avec le debout », s?est jointe à l?opération. Pour les organisateurs du mouvement, c?est donc un franc succès et pour Boubekeur Benbouzid, l?inamovible ministre de l?Education, une épreuve à surmonter stoïquement, comme un examen annuel. Mais au-delà de la fin annoncée de l?UGTA et de toutes les métastases du régime, la grève pose un problème de fond : peut-on influer sur les évènements en Algérie ? Peut-on faire plier un ministre et un programme dans un pays où tout, de la subvention du grain de semoule à l?octroi d?une concession pétrolière, se décide au-dessus des nuages, entre El Mouradia, les Tagarins et Dély Ibrahim ? A première vue, dans un système aussi fermé, où l?oxygène est rationné officiellement pour raisons de sécurité, non. A seconde vue, peut-être. Sauf que le dialogue entre la tutelle et les grévistes, tel que présenté par l?ENTV, est effrayant. La chaîne unique, miroir lisse et parfait des gouvernants, n?a pas dit un mot sur la grève, mais a donné la parole au ministre de l?Education, qui répond ainsi à des grévistes sans que ces derniers n?aient eu la parole, accentuant la confusion chez le téléspectateur de base. Celui-ci n?a pas eu connaissance de la question que pose la société, par lycéens interposés, mais a eu droit à la réponse donnée par le régime, par ministre interposé. Peut-on parler de dialogue quand seule la voix dominante est transmise ? Non. Mais y a-t-il de l?espoir ? Info de dernière minute, le COA, Comité olympique national, vient d?annoncer qu?il soutenait un troisième mandat. Normalement, des sportifs n?ont pas à se mêler de politique, même si la Présidence est une course de fond. Non, effectivement, il n?y a pas grand-chose à faire.
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