El-Oued - A la une

Une ville, une histoire La lettre de Lagaillarde



Une ville, une histoire
                                    La lettre de Lagaillarde
Mémoire - C'est une histoire qui concerne une ville, bien sûr, Alger en l'occurrence, mais, surtout, son quartier mythique de Bab El Oued.
En 1960, en pleine effervescence OAS, un homme, un pied-noir, sort de l'ombre et va faire énormement parler de lui.
C'est Pierre Lagaillarde.
Il est pour l'Algérie française, bien sûr, contre l'armée qui a changé de fusil d'épaule et contre l'autorité de Paris.
Il ne veut entendre parler ni du FLN, ni de l'indépendance, ni même de négociations.
Secrètement armé par les ultras qui le financent et qui le manipulent, il organise alors la résistance des pieds-noirs de Bab El Oued.
A coup de barricades et de casseroles.
Et pour bien souligner son personnage de desperado romantique prêt à aller jusqu'au bout, il adoptera pour uniforme de combat une djellaba de maquisard et se coiffera d'un béret.
La télévision, la radio, tous les hommes politiques veulent l'approcher, lui parler, c'est une star de l'organisation fasciste.
De nombreux Algeriens tomberont sous ses balles, parfois de simples passants.
Lagaillarde fait la pluie et le beau temps à Bab El Oued et même la loi, rien ne se fait dans le microcosme pied-noir sans qu'il soit consulté, averti.
A quelques jours de l'indépendance, il quittera le navire comme tous les rats pour aller se refugier en Corse où il se planquera pendant au moins 2 ans avant l'amnistie. Il aurait pu en rester là et ecrire ses mémoires comme les tortionnaires de son espèce.
Non, il ne se contentera pas de se terrer, il ne veut surtout pas se faire oublier.
En 1964, toute honte bue, il écrira à l'Assemblée nationale algérienne' pour réclamer son poste de député.
Sa lettre sera publiée en première page par le journal Le peuple sans presque aucun commentaire.
Seul le mépris peut venir à bout de ces gens-là.
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