El-Oued - A la une

"Une fièvre capable d'inspirer des délires ingénieux"



Invitée du forum virtuel du TNA, l'Egyptienne Safa al-Bili a disserté sur le "monodrame, sa progression et ses particularités". D'emblée, l'autrice a indiqué que "la scène s'adapte au genre confessionnel dès lors que le comédien se lance dans la tirade dite dans le mode de la monologie". "Un monodrame est une pièce de théâtre ou d'opéra qui est interprétée en solo et est aussi l'aveu qu'ajoute le comédien dans son désir de se repentir. Toutefois, le monologue est aussi une tragédie dite par le chant avant qu'elle ne prenne de l'essor en Egypte par l'humoriste Ismaïl Yassine (1912-1972) et Mahmoud Shokoko (1912-1985)", a déclaré celle que l'on surnomme la "Princesse du théâtre poétique".C'est en tout cas l'image qu'a tenue à illustrer la poétesse dans l'imaginaire du féru de la comédie, qui s'exprimait ainsi à partir des bords du Nil. Alors, qu'il soit art pénitence ou art révélation, le monodrame est d'attrait "monotone", voire "ennuyeux", surtout lorsqu'il est interprété dans le mode "woman show", a ajouté la fondatrice et rédactrice en chef du site web de Theatre News.
Mais l'esprit misogyne ne dit-il pas que le blabla et la causette sont l'apanage unique de la gent féminine ' s'est interrogée l'oratrice. Faux ! Sommes-nous tentés de dire, car si c'était le cas, El-Oued, la médina aux mille coupoles, n'aurait pas eu son Festival international du monodrame féminin où deux ?uvres ont été à l'affiche, à savoir Aoudjaâ El Samt du théâtre Bouderga (El-Bayadh) et Ahat El Djazaïr de la coopérative culturelle "Anis" au début de l'an noir 2020 (du 1er au 5 février).
Sérié comme loisir à "bon marché" et donc facile d'accès sur scène, le comédien s'adonne jusqu'à la folie avec, de temps à autre, de l'improvisation innée et adaptée, a-t-on su de la conférencière. D'où l'appellation de "l'art de la folie" qui se réfère à La Médecine de l'esprit du philosophe-médecin Antoine Le Camus (1722-1772), où il y a cette anecdote qui date de l'Antiquité : "Le jeu de l'acteur est utilisé comme terme de comparaison pour une ?fièvre' capable d'inspirer des délires ingénieux."
Du reste, la folie et l'art s'unissent et s'extériorisent sur les planches, mais aussi sur le chevalet de l'artiste peintre, eu égard à l'essai intitulé La Folie de l'artiste : Créer au bord de l'abîme du psychiatre Thierry Delcourt, qui ouvre en guise de préambule, avec la citation du sculpteur Friedrich Nietzsche : "Lorsque je suis devant un morceau de bois, il y a dedans une hypnose. Si je lui obéis, il en sort quelque chose ; sinon, c'est la guerre.
" Mieux, l'artiste Salvador Dalí i Domènech (1904-1989) déclarait lui aussi : "L'unique différence entre un fou et moi, c'est que moi je ne suis pas fou !" Autre révélation, il n'existe pas de nomenclature ou de jargon pour sérier l'exacte appellation des jeux d'acteurs. En ce sens, il y a une discordance au sein des gens du quatrième art qui ne distinguent pas le monologue du monodrame, et octroient à l'?uvre du monodrame l'intitulé de "monologue", a conclu l'oratrice.

LOUHAL Nourreddine
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