
Le point noir du tourisme algérien en général et de l'hôtellerie en particulier, c'est la qualité des services dispensés aux clients. Nationaux ou étrangers.Tous les compartiments de l'activité hôtelière, en pâtissent. De l'accueil du client jusqu'à son départ. Le respect des normes est le dernier des soucis pour bon nombre d'hôteliers. Qui par négligence, qui par insouciance, qui par incompétence et qui par moyens, toujours s'accordent à faire du client un sujet et non un roi.A l'exception de quelques établissements nationaux publics et privés, des «cinq étoiles», qui n'ont pas à rougir de leurs prestations par rapport à celles d'établissements de même catégorie par ailleurs dans le monde, il faut se rendre à l'évidence que beaucoup de chemin reste à parcourir et d'efforts à faire pour être à la hauteur des attentes des touristes.L'Etat, à travers le département ministériel en charge du tourisme, investit beaucoup dans l'hôtellerie et de son indispensable accompagnement, la formation.L'envergure de l'investissement en hôtellerie est énorme. Outre les 1231 établissements avec une capacité de 107.420 lits qui composent actuellement le parc hôtelier national, 1602 projets avec une capacité de 204.899 lits sont en cours de réalisation. Ces projets généreront à eux seuls 82.000 emplois directs. Et pour continuer sur l'effort d'investissement, il faut savoir que pas moins de 846 milliards de dinars, répartis sur l'ensemble des wilayas ont été mis dans le pactole, destinés à densifier le parc hôtelier national.Sans compter que 1018 autres projets hôteliers, pour une capacité de 128.200 lits, induisant la création de plus de 49.500 emplois directs pour un coût d'investissement global estimé à plus de 576 milliards DA, sont en attente de lancement.C'est dire les ambitions titanesques en matière de développement de l'hôtellerie et qui donnent la mesure de l'engagement des pouvoirs public pour amener le tourisme à jouer son rôle, important et indéniable, dans le développement économique du pays.Des investissements d'opérateurs privés comme ceux engagés ou achevés à El Oued, Skikda, Oran pour ne citer que ces wilayas sont une preuve des possibilités de réalisation d'infrastructures de qualité.Les opérations de modernisation achevées ou en voie de l'être dans le Sud prises en charge par les chaînes El Djazaïr et El Aurassi sont aussi la preuve que tout est possible pour asseoir le standing quand les moyens sont mobilisés.Mais est-ce suffisant pour réussir le tourisme'Sans hésitation, nonIl n'est un secret pour personne que les aménagements d'un établissement hôtelier, ses équipements, aussi stylés, aussi modernes et aussi confortables, soient-ils, ne sont pas les garants de la réussite de l'activité. Comme aussi, arriver à un haut niveau de standing n'est pas en soi un garant pour y demeurer. Il en ressort deux éléments essentiels sans lesquels nulle réussite n'est possible.En premier lieu, une ressource humaine formée aux métiers et en deuxième lieu une organisation qui permette la mise en place de mécanismes à même d'assurer une qualité durable des services.Si l'on considérait les établissements classés de trois à cinq étoiles comme étant aux normes internationales - ce qui, bien sûr, n'est pas toujours évident- cela donnerait 15% du parc hôtelier national fonctionnant selon les standards internationaux.Le reste, soit 85% du parc hôtelier national, patirait de cette médiocrité tant décriée depuis longtemps par le plus grand nombre. Une médiocrité qui déteint négativement sur l'image de la destination touristique nationale et qui finit par dissuader même les irréductibles de la destination.Ces données expriment toute la mesure de l'immensité de la tâche en matière de rattrapage de niveau pour l'écrasante majorité des personnels de l'hôtellerie. La question est de savoir quel dispositif mettre en place pour répondre à cet immense besoin en qualification.Trois axes semblent s'imposerLe première concerne les hôtels publics nationaux dont le respect des standards internationaux en matière de prestations de services est avéré.Les technologies hôtelière évoluant très rapidement, il s'agira pour eux d'actualiser, d'adapter leurs connaissances en matière de pratique et d'innovation hôtelière. Des programmes spécifiques devraient leur être consacrés. Des programmes que seule une école particulière peut assurer compte tenu des limites de l'appareil de formation disponible actuellement. Une école qui relèverait - pourquoi pas- du Groupe hôtellerie, tourisme, thermalisme.Le second axe répondrait à une demande, cette fois plus massive, des autres 1157 hôtels dont les prestations sont considérées comme en deçà des exigences, et dont les besoins sont considérables en formation de base et en actualisation de connaissances.Et enfin, quel appareil de formation et avec quelle capacité pédagogique, mettre en place pour anticiper sur les besoins des 1602 hôtels qui sont en projets.Assurer une qualification des personnels de l'hôtellerie s'avère finalement ardu, complexe et coûteux.Une mission dans laquelle devraient aussi intervenir, aux côtés des pouvoirs publics, les hôteliers eux-mêmes, des investisseurs privés et des banques. Une mission urgente et dont dépend en grande partie la réussite du secteur du tourisme.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane SEBA
Source : www.lexpressiondz.com