Les extrémistes sont-ils morts et enterrés dans notre pays' Hâtives obsèques à voir la ré-islamisation de la société qui est en train de s'opérer.Ramassés à la cuillère à chaque consultation électorale depuis ces 20 dernières années, terrassés par l'armée sur le terrain de la lutte antiterroriste, les islamistes sont réduits à néant en Algérie. Sont-ils pour autant morts et enterrés' Hâtives obsèques sommes-nous tentés de dire à voir la réislamisation de la société algérienne. Il y a sous les cendres islamistes des braises ardentes qui peuvent donner, à tout moment, des départs de feux incontrôlables. Les dernières actions, même éparses, menées par certains extrémistes à travers plusieurs wilayas du pays, renseignent à quel point la menace est persistante et la bête immonde peut se réveiller à chaque instant. Elle frémit dès que la société civile montre sa faiblesse et l'Etat sa mollesse. On rappelle souvent avec regrets et amertume que ces islamistes avaient empêché, en décembre 1989, Linda de Susa de se produire à la salle Atlas de Bab El Oued, à Alger. L'Etat a cédé en manquant de fermeté et de poigne. C'était ce jour-là que le verrou de l'ordre et de la discipline venait de sauter et plus personne, plus aucune loi de la République ne pouvait se dresser devant le rouleau compresseur de l'ogre islamiste. La société allait donc être régentée par la Chariaâ' Non! avait répondu en choeur la société civile. Comment ne pas rappeler alors ces grandioses moments signant le début de la résistance sociale face à l'extrémisme' C'était lors de ce fameux gala du chanteur Lounis Ait Menguellet, dans le même quartier, dans la même salle et à la même période... En 1991. Comme à son habitude,, Ait Menguellet animait des soirées à la salle Atlas, à chaque mois de Ramadhan. Cette année 1991 n'était pas comme les autres. Le FIS dissous, qui venait d'être agréé, bombait le torse et promettait de changer les habitudes vestimentaires, culinaires et même culturelles des Algériens. «Des officiers de police sont venus à plusieurs reprises me retrouver dans ma chambre d'hôtel me suppliant d'annuler le galas, mais j'ai catégoriquement refusé», révèle des années plus tard Lounis Ait Menguellet. «Je me rappelle qu' il y avait à l'époque la première guerre du Golfe. Voyant que j'étais intransigeant, un des commissaires de police se tourna vers un des mes camarades présents avec nous au moment des discussions pour lui dire: 'mais votre Ait Menguellet est pire que Saddam Hussein! '», raconte encore Lounis pour souligner que c'était la société civile qui avait maintenu le gala face aux intégristes décidés pourtant à en découdre. Le gala a bien eu lieu au nez et à la barbe des excités de l'ex-FIS. Des familles se sont rendues à la salle Atlas bravant la menace des «barbus» et ont assisté au gala. Depuis, trop de sang des Algériens a coulé. Plongé dans une décennie de chaos, le pays a failli disparaître. Il fallut que tous les ressorts de la société réagissent, que l'armée et les services de sécurité montent au feu pour que le pays se redresse. Sur ce socle, la Réconciliation nationale a accompli le reste de l'édifice républicain. Vingt ans plus tard sommes-nous revenus à la case départ' Plutôt, avons-nous le droit de revenir à la case départ' Ce serait trahir l'idéal de liberté et de démocratie pour lequel sont tombés les martyrs du devoir national ô! combien nombreux...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim TAKHEROUBT
Source : www.lexpressiondz.com