Les chutes de neige qui s'abattent sur le nord du pays depuis 48 heures ont démontré toutes les limites du service public. On a beau dire que le phénomène est rare et que les changements climatiques surprennent le monde entier, y compris les nations les plus nanties, mais on ne trouvera aucune excuse au fait que le service public reste une notion méconnue chez nous.
Des villages entiers en Kabylie, à Jijel, à Batna, à Tissemsilt et ailleurs sont isolés, coupés du monde, parfois, privés de courant électrique et, souvent, livrés à eux-mêmes. Des dizaines de routes nationales et wilayales restent coupées à la circulation, avec toutes les conséquences que cela implique.
Même la capitale, vitrine du pays, a été paralysée par des chutes de neige. Pourtant, le gouvernement avait installé des cellules de veille pour faire face aux changements climatiques, et pourtant ce même gouvernement avait installé, à coups de milliards, des maisons d'entretien des routes à travers toutes les wilayas.
Sur le terrain, on attend que la neige fonde en essayant de parer au plus pressé mais on n'a pas l'impression que les communes et les wilayas touchées par ce phénomène soient pressées de délivrer leurs populations du calvaire qu'elles endurent.
Plus qu'une question de moyens, c'est une question de mentalités. Les bulletins météo spéciaux (BMS) ont été émis suffisamment à l'avance pour que les autorités prennent leurs dispositions. Faute de pouvoir dégager les axes routiers principaux, on aurait, au moins, pu déconseiller aux automobilistes de faire des déplacements non urgents durant cette période.
Comme si toutes les leçons des inondations de Bab El-Oued n'ont pas été retenues, on continue à réagir après coup, souvent dans la précipitation.
À situation exceptionnelle, il fallait une intervention exceptionnelle de la part des démembrements de l'Etat. Cela n'a pas été le cas.
A. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Azzeddine Bensouiah
Source : www.liberte-algerie.com