Abdelmalek Sellal n'a pas échappé à la série de transferts en cours. L'ancien Premier ministre a été, à son tour, éloigné de la capitale. Des sources concordantes affirment qu'il a été mené vers le pénitencier d'El-Oued.Abla Chérif - Alger (Le Soir) - L'information n'a pas été rendue publique par les autorités judiciaires qui avaient, en revanche, révélé le transfert des deux hommes d'affaires, Ali Haddad et Mahieddine Tahkout, vers d'autres prisons, celles de Tazoult, ex-Lambèse, et Babor.
Le transfert de Ahmed Ouyahia n'a, par contre, pas été annoncé de cette manière, mais il a été, en revanche, confirmé par les avocats proches de son dossier. L'ex-chef de gouvernement a été incarcéré à la prison de Abadla, à près d'une centaine de kilomètres de Béchar.
Le transfert de Abdelmalek Sellal a, quant à lui, eu lieu à quelques heures d'intervalle. Les deux ex-chefs de gouvernement avaient d'abord été incarcérés à El-Harrach, avant d'être transférés à la prison de Koléa. Plusieurs hommes d'affaires poursuivis et condamnés dans des dossiers de corruption ont fait l'objet d'une même mesure qui avait, il faut le dire, soulevé certaines interrogations avant d'être mises sur le compte d'une décision rendue impérative en raison du nombre élevé de détenus que recevait El-Harrach.
Une autre raison avait aussi été évoquée, celle de la surcharge du travail de l'administration pénitentiaire qui a dû revoir toute son organisation et mettre en place un système de réception des visiteurs et avocats des célèbres détenus différent du reste de la population carcérale pour des raisons de sécurité évidentes. Rien ne prédisait, cependant, que d'autres transferts allaient avoir lieu jusqu'au moment où a surgi l'affaire Haddad.
Le fait que des réseaux externes aient passé contrat avec un cabinet de lobbying américain chargé de faire pression sur les dirigeants algériens, en vue de sa libération, a mis les autorités sur le qui-vive.
Le montant de dix millions de dollars, versé au nom de Ali Haddad pour les besoins de cette opération, est énorme et confirme l'importance du capital détenu par tous les hommes poursuivis. Cet argent représente une source de pouvoir inestimable, il est aussi une menace considérable, estiment les personnes qui suivent de près le dossier.
Cette arme est aggravée par la concentration de toutes ces personnalités dans un même lieu, poursuivent les mêmes sources.
Ces transferts donnent, par conséquent, l'impression qu'il s'agit là, non seulement de sanctions, mais aussi d'exemples qui serviront à annihiler toute volonté de «grenouillage», toute envie de «complotite» à leurs codétenus. Un autre fait renforce l'hypothèse de sanctions. Tout comme Ali Haddad et Mahieddine Tahkout, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal sont programmés dans des procès en appel, qui doivent se dérouler dans les tout prochains jours.
Dans le cas où ils refusent d'être interrogés par le système en visioconférence, ils auront à effectuer des milliers de kilomètres avant de retrouver le tribunal de Sidi-M'hamed ou la cour d'Alger.
A. C.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abla Chérif
Source : www.lesoirdalgerie.com