El-Oued - A la une

Retour sur les émeutes de janvier



Va-t-on enfin connaître la ou les véritables causes qui ont conduit aux émeutes de janvier dernier' Des informations font état de la publication du rapport d'enquête de la commission parlementaire dans la deuxième semaine du mois prochain après sa validation par les parlementaires en séance plénière. Ce serait le premier signe du profond changement politique promis par les réformes en cours d'adoption. Un tel événement prouvera le réel désir de nos dirigeants de rendre l'opinion publique partie prenante dans la gestion des affaires du pays. Cette avancée ne serait en fait que justice rendue à un peuple qui a failli être emporté, malgré lui, dans une énième tragédie. Rappelons-nous, c'était le 5 janvier dernier. De manière brusque, de violentes manifestations, parties de Bab El Oued dans la capitale, se sont vite propagées à travers plusieurs villes du pays. Motif principal invoqué par les manifestants, la brutale hausse des prix de l'huile et du sucre, aliments de base pourtant subventionnés par l'Etat. Comme de jure et au fil de la contestation, d'autres motifs sont venus se greffer comme le chômage, le logement, etc. Il faut dire que le contexte était lui aussi assez particulier. La Tunisie était en proie à des troubles depuis le 15 novembre 2010. Beaucoup, à l'époque, avaient vite conclu à un effet domino alors que les conditions endogènes des deux pays étaient totalement différentes. C'est à cette époque également qu'avait été lancé, pour attiser les flammes de la contestation en Algérie, le slogan du «peuple pauvre dans un pays riche». La manoeuvre a échoué et c'est tant mieux pour l'Algérie et son peuple. Sauf que les Algériens en ont marre de ces «incendies» cycliquement allumés. Ils veulent savoir qui est derrière, pourquoi et comment' D'abord c'est un droit, ensuite il est nécessaire d'en tirer les leçons pour s'en prémunir définitivement. C'est pourquoi la publication du rapport d'enquête parlementaire est attendue impatiemment par l'opinion publique algérienne. Ce qu'on sait des causes de ces émeutes de janvier est la hausse brutale des prix du sucre et de l'huile. Personne pour le nier. Alors commencent les premières questions. Pourquoi' La réponse n'apparaît pas au grand jour. Il faudra la découvrir. C'est normalement ce qu'ont essayé de faire nos parlementaires chargés de l'enquête. Par qui' A l'époque, le Groupe Cevital, producteur dominant de ces deux denrées, était montré dû doigt. Des extraits du rapport, publiés par notre journal, révèlent que cela est dû au «recours de l'opérateur Cevital à des mesures décidées unilatéralement et sans concertation, faisant notamment obligation aux grossistes de prouver le dépôt légal des comptes sociaux et exigeant la présence du détenteur du registre du commerce ainsi que l'obligation de paiement par chèque, a instauré un climat de méfiance chez les grossistes, lesquels se sont abstenus de s'approvisionner en produits alimentaires comme le sucre et l'huile». Le P-DG du groupe en question s'est borné, lui, à démentir avoir procédé à de quelconques augmentations des prix de ces denrées. Oui, mais qu'en est-il des conditions créées pour des augmentations hors usine' Comment' Devant les exigences du «dossier» à fournir par les grossistes pour s'approvisionner chez Cevital, la réaction a été toute simple. Baisse de l'offre de ces deux denrées et donc envolée des prix. La suite ce sont des dégâts pour les uns quantifiables comme les dommages causés aux tiers par les émeutiers et que les assureurs estiment à 5 millions d'euros. D'autres comme la mise en péril de toute une nation sont inestimables. Pour toutes ces raisons, la publication du rapport d'enquête est indispensable. Pour savoir qui fait quoi dans ce pays! Et dans quel but!
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