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Relance du cinéma: Le projet patine



Relance du cinéma: Le projet patine
Au moment où nos cinéastes participent régulièrement à des festivals internationaux et gagnent des prix, en Algérie, on attend toujours la promesse des différents ministres qui se sont succédé depuis trois décennies pour relancer le cinéma.Qu'ils s'appellent Lyès Salem, Karim Moussaoui, Lotfi Bouchouchi ou autres, ces artistes aiment leur métier et le prouvent en raflant des prix lors de différents festivals organisés à travers le monde. C'est bien qu'il y ait des artistes pour représenter l'Algérie à l'étranger mais cela n'est qu'une façade car le cinéma algérien tel qu'on l'avait connu dans les années 1960 - 1970, n'est plus là et on dirait que les gestionnaires ne veulent pas de cette relance plusieurs fois promise, et ce sont des gens comme eux qui ont tué le cinéma algérien en fermant l'ONCIC (Office national pour le commerce et l'industrie cinématographique) qui avait produit des dizaines de films de très grande qualité dont L'opium et le bâton d'Ahmed Rachedi, Le vent des Aurès et Chroniques des années de braise de Mohamed Lakhdar Hamina, Les vacances de l'inspecteur Tahar de Moussa Haddad etc.
Des salles fermées, d'autres démolies
Ce sont ces gens qui ont fermé directement ou indirectement au moins une centaine de salles à travers l'Algérie. Pour rappel, des sept ou huit salles de cinéma du quartier Belouizdad à Alger, il n'en reste aucune.
Les enfants de ce quartier n'ont rien pu faire en voyant la salle Caméra transformée en hôtel et Le Musset qu'on avait baptisée au nom de l'acteur et comédien Rouiched démolie.
On se demande comment un ministre de la Culture, un président d'APC, un chef de daïra ou un wali décident de baptiser une salle de cinéma au nom d'un très grand comédien pour le démolir quelques années après. Si les responsables savaient que la salle était dans un état délabré et qu'elle devait être démolie, pourquoi la baptiser au nom du grand comédien ' Même si la salle avait été démolie suite à un séisme, on devrait à rebaptiser une autre salle au nom de Rouiched, par respect au grand artiste et à sa famille.
Même constat à Bab El Oued où il y avait une dizaine de salles dont Le Marignan, Le Plaza, Le Lynx et Le Variétés qui sont tous fermées ou attendent une restauration qui n'a pas vu le jour. Le cinéma L'Afrique a bien été restauré mais reste fermé pour on ne sait quel motif. C'est aussi le même cas pour la salle L'ABC.
Le Débussy a été rouvert mais a perdu son lustre d'antan et ne programmerait que quelques films, notamment dans le cadre d'un cinéclub. Le Français baptisé L'Ouarsenis est toujours dans un état lamentable et personne ne réagit.
On sait qu'à Bir Mourad Raïs, Bouzaréah et El Mouradia, il y avait des salles de cinéma ' Des neuf salles de cinéma dont disposait la ville de Blida dans les années 1970, il n'en reste pratiquement qu'une seule. Médéa a également perdu ses quatre salles dont Le Mondial et Goumrazad. A Annaba, Oran et presque toutes les villes d'Algérie, il y a des salles fermées qui attendent leur restauration en vue d'une réouverture.
Les solutions existent
Par ailleurs, on se sait pas pourquoi les projets de construction des nouvelles villes et grandes cités telles que l'AADL ne sont pas accompagnés par la réalisation de salles de cinéma. Le ministère de la Culture et celui du Commerce pourraient bien trouver une solution pour encourager les privés à investir dans un tel domaine, notamment par l'octroi d'assiettes de terrain et l'exonération et réduction d'impôts, notamment durant les premières années d'ouverture. Pour relancer le cinéma, les solutions existent. Il suffit de vouloir.
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