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Ras El Oued (Bordj Bou Arréridj) : constructions illicites et mafia du foncierActu Est : les autres articles



Ras El Oued (Bordj Bou Arréridj) : constructions illicites et mafia du foncierActu Est : les autres articles
Des gens insatiables et nullement dans le besoin, se font attribuer un logement pour chaque membre de leur famille, et ce, avec la complicité de responsables, alors que l'instruction inter ministérielle n'en attribue qu'un seul pour un habitat démoli.A quelques encablures de la ville de Ras El Oued, exactement à Bougbis, des dizaines de constructions illicites ont vu le jour ; la situation est qualifiée par le chef de daïra de catastrophique, voire incontrôlable. Des plans d'occupation du sol (POS) et des plans directeurs d'aménagement urbains (PDAU), en instance de régularisation, sont illégalement occupés.
Les commanditaires de ces constructions, note-on, ne sont qu'une mafia bien fortunée qui engage des travaux sur des terrains pour les revendre ensuite à des prix exorbitants. «Ces gens-là ne sont pas dans le besoin, ils sont animés par le gain rapide et encouragés par l'absence de volonté de l'Etat d'en finir une fois pour toute avec ces pratiques qui n'existent nulle part ailleurs que chez nous», explique un de leurs voisins, bénéficiaire de l'habitat rural. Et d'ajouter:
«Ce sont des nomades pour la plupart, qui se sont spécialisés dans ce créneau juteux, il n' y a qu'à voir la consistance des constructions pour comprendre le manège.» Cette défiguration urbanistique et cette hémorragie foncière ont fait sortir le wali de sa réserve. Il demandé à l'APC de préparer un dossier exhaustif tout en évaluant les situations au cas par cas. Dans ce contexte, l'on apprend que l'APC avait dépêché son service technique sur les lieux et établi un constat qui sera suivi de démarches, à savoir l'application des arrêtés de démolition. Certains arrêtés datent de très longtemps, nous dit-on.
L'habitat précaire, une opportunité pour s'enrichir
D'aucuns disent que c'est la cupidité de certaines personnes conjuguée à la complaisance de l'Etat qui se dressent en écueil devant toute démarche de régularisation de cet épineux problème. Il a été constaté qu'à chaque opération de démolition d'habitations précaires, comme entre autres à la cité des Chouhada, il se trouve toujours des quidams insatiables qui veulent des logements pour chaque membre des leurs ; pourtant l'instruction inter ministérielle n'attribue qu'un seul logement pour un habitat proposé à la démolition. Le même scénario se reproduit avec les habitants de la cité Zerrouki, un site classé habitat précaire, implanté en plein centre-ville.
Certains occupants avaient exigé l'attribution de quatre appartements. «Il nous faut un plan marshal pour satisfaire les caprices de ces gens qui, pour certains, ont bénéficié de lots à bâtir et de logements, l'enquête menée par nos services en témoigne», dira le chef de daïra. «L'Etat n'est pas prêt à jeter ses enfants dans la rue ; pour vous dire que la commission concernant les cas sociaux difficiles, a outrepassé ses prérogatives en accordant jusqu'à deux logements ; sinon, on est déterminé à en finir avec l'habitat précaire qui ternit l'image de la ville », a-t-il précisé.
Pollution et cadre de vie répugnant
Pour résumer tout le mal qui ronge Ras El Oued, Abdelhalim, un activiste et fervent défenseur de l'environnement rappelle, en ces termes : «Un beau pays ! Tout petit c'était l'image que je gardais de Ras El Oued. Malheureusement, de nos jours ça sent autre chose.» A vrai dire, la ville subit de plein fouet les effets néfaste de la pollution générée par les décharges publiques qui l'assiègent de toutes parts ; en l'absence d'un centre d'enfouissement technique, des montagnes de déchets non traités s'entassent à l'air libre, à l'entrée ouest de la ville, ce qui explique la propagation des maladies respiratoires et autres pathologie liées à l'allergie, sans parler des rejets des eaux usées qui empoisonnent la vie des visiteurs et des riverains, avec les odeurs nauséabondes qui s'en dégagent ; des dizaines d'hectares de pâturage sont irriguées à partir de ces canalisations, même le patrimoine forestier, véritable poumon de la région, et autrefois lieu de détente et de repos, est menacé de disparition si la station d'épuration prévue pour 2014 n'est pas au rendez-vous, comme ce fut le cas en 2005.
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