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Quand les jeunes deviennent une cible privilégiée



Quand les jeunes deviennent une cible privilégiée
La tâche de mobiliser les jeunes s'avère très difficile dans un climat marqué par la désaffection politique.
Les partis politiques engagés dans la campagne électorale des législatives du 10 mai prochain tentent de persuader en priorité les jeunes de l'utilité de voter pour eux. La tâche s'avère très difficile dans un climat marqué par la désaffection de la jeunesse pour la politique. Le premier secrétaire général du FFS, Ali Laskri et le tête de liste du parti à Alger, Mostefa Bouchachi, l'ont vérifié à leurs dépens avant-hier dans les quartiers de Bab El Oued. En campagne de proximité, les dirigeants du FFS ont pu mesurer l'étendue qui sépare les jeunes de la politique en affrontant une jeunesse désarçonnée, affichant publiquement leur désintérêt, voire même leur, rejet des élections.Mais cela ne décourage nullement les partis politiques dont une bonne partie a axé ses discours du quatrième jour de campagne en faisant des appels aux jeunes. Comment pouvait-il en être autrement dès lors que la société algérienne est composée dans sa majorité par cette frange. Ainsi, pour déjouer un plan qui serait élaboré à l'étranger visant la déstabilisation de l'Algérie, le président du parti El Karama, Mohamed Benhamou, a appelé les jeunes «à être conscients et ne pas tomber dans le jeu de ces ennemis».«Pour cela, ils doivent se rendre massivement le 10 mai aux urnes afin de défendre leur pays et son intégrité», a-t-il lancé, hier dans un meeting dans la wilaya de Béchar. De son côté, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia, a tenté de séduire les jeunes en développant un discours basé sur l'avenir économique du pays. Lors d'un meeting populaire tenu hier dans la wilaya d'El Oued, M.Ouyahia a insisté sur l'essor économique pour prendre en charge l'avenir de la jeunesse algérienne. Il a appelé à préserver les jeunes des «dérapages» et mis en avant l'importance d'orienter les jeunes vers les filières scientifiques pour faciliter leur insertion dans le monde professionnel.
Concernat la création de l'emploi pour les jeunes désoeuvrés, le SG du RND a estimé qu'il est temps de renforcer le secteur agricole. Les jeunes Algériens qui ont dénoncé à maintes reprises leur exclusion des cercles décisionnels ne sauront se satisfaire de simples postes d'emploi dans quelque secteur aussi respectable qu'il soit. Des partis politiques le savent et, étant en pleine campagne électorale, ils tentent de l'exploiter pour espérer mobiliser la jeunesse en leur faveur. C'est le cas, à titre d'exemple, du Rassemblement patriotique républicain (RPR).
Le président de cette formation, Abdelkader Merbah, a affirmé, hier à Constantine que l'exploitation des cadres et des jeunes compétences universitaires nationales constitue une des conditions pour «réveiller graduellement les consciences et sortir de l'état d'inertie traversé par le pays». Pour sa part, le président du Front national pour la justice sociale (Fnjs), M.Khaled Bounedjma, a mis l'accent, avant-hier soir à Tissemsilt, sur la nécessité d'écouter les jeunes et de connaître leurs aspirations et leurs idées, pour la mise en place de politiques économiques éloignées de la bureaucratie et du népotisme. Pour convaincre, M.Bounedjma a souligné que le programme de son parti accordait la priorité aux jeunes en tant que richesse pour le développement de l'Algérie dans tous les domaines. Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Bouguerra Soltani, a usé d'un discours à la limite de la provocation à l'égard des jeunes.
A Skikda où il parlait, avant-hier, au nom de la coalition islamiste pour l'Algérie verte, il a dit que celle-ci est à la recherche d'une «révolution pacifique qui ne sera ni égyptienne, ni tunisienne, ni syrienne» avant de s'adresser aux plus jeunes pour soutenir l'idée que «si les moudjahidine et les chouhada ont chassé le colonialisme, c'est à vous maintenant de chasser la misère, le chômage et le désespoir».
Si les partis politiques multiplient leurs appels aux jeunes, il reste que la réponse de ces derniers demeure la grande inconnue. Pour le moment, des bribes de réponses sont données à travers le désintérêt et le saccage des panneaux d'affichage dans certaines communes. Mais la réponse définitive sortira de l'urne le 10 mai prochain, pour peu que les élections soient libres, transparentes et crédibles.


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