El-Oued - A la une

Qu'en est-il des populations du Sud '



Qu'en est-il des populations du Sud '
Réalité - Si les habitants des villes côtières ont la Grande bleue pour contourner les températures insoutenables, les populations du Sud n'ont eu d'autre choix que de prendre leur mal en patience.
Dans cette vaste région du pays la vie est suspendue à la climatisation. A défaut de cet équipement devenu indispensable au fil du temps, les autochtones sont revenus aux subterfuges du bon vieux temps pour se réfugier dans des abris de fortune aménagés pour la circonstance.
Pour les autres, patience et endurance ont été les maîtres mots pour vivre dans ce territoire presque coupé du monde. Car en plus du climat très sec du désert viennent s'ajouter les coupures d'électricité répétitives compliquant davantage la situation. Il n'est donc pas étonnant de constater que souffrir en silence ne semble plus, aujourd'hui, avoir la cote chez les citoyens du Sud.
La réaction spontanée des populations qui se sont attaquées la semaine dernière aux infrastructures publiques, est un message clair. Elles ne supportent plus d'être privées d'électricité des heures entières et pendant plusieurs jours pour affronter une température dépassant souvent les 45°. Elles ne veulent plus de mépris et d'indifférence.
Le sentiment d'injustice très présent notamment chez les jeunes, trouve son origine dans la situation sociale déplorable dont sont victimes beaucoup d'entre eux. Le chômage, la crise du logement et l'absence de perspectives alimentent la colère de ces jeunes qui voit la richesse de la région qui les a vus naître, profiter aux «étrangers». Une consternation qui revient dans toutes les déclarations des communautés autochtones. L'incompréhension est d'autant plus grande lorsqu'ils parlent des quartiers chic au fin fond du Sud algérien dérogeant à la règle du délestage imposé par l'entreprise publique de Sonelgaz.
Pour l'ex-député Mechar de la wilaya d'Illizi, les infrastructures ciblées par les manifestants suffisent à mieux réaliser la rupture qui sépare les deux mondes, à savoir l'Algérie profonde de l'Algérie officielle.
En somme, les difficultés que rencontrent ces populations dépassent de loin le fait de supporter la chaleur suffocante qui a caractérisé ce mois de ramadan. «L'état des lieux dans ces wilayas dépasse le délestage et la difficulté à jeûner dans un environnement chaud et même très chaud. Les températures peuvent atteindre en certains endroits les 48°, voire plus.
Le message des jeunes chômeurs de Ouargla, de Hassi Messaoud et d'El-Oued n'est pas compris. Et c'est là le grand danger. C'est une bombe à retardement qui nécessite une prise en charge rapide. Ici on ne veut plus de solutions superficielles pour apaiser une colère d'un certain temps», résume Mohamed Berrichi ancien cadre de Sonatrach, actuellement chef de service dans une entreprise multinationale à In Amenas.
Il reste à souligner que la situation est à la fois compliquée et complexe. Le Sud souffre d'un manque terrible d'infrastructures de loisir, de formation et d'offres d'emploi à même de meubler le temps de toute cette jeunesse oisive.
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