L'hiver 2012-2013 a été pluvieux. Les barrages sont emplis à 84%, et les grands investissement sont lancés dans le sud pour accompagner l'investissement dans l'agriculture.
En mai, on fait le bilan de la pluviométrie de la saison écoulée. Et grande surprise, cette année, l'hiver 2012-2013 a donné deux chiffres exceptionnels. D'abord, et contrairement à l'impression qui domine, la saison a été très bonne. Si bonne que le taux de remplissage des barrages au niveau national s'élève à 84%, le chiffre le plus élevé jamais observé, selon le ministre des ressources en eau, M. Hocine Necib. Nombres de barrages ont d'ailleurs fait le plein, et il a fallu procéder à des lâchers pour réguler les cours d'eau.
La seconde nouveauté, est qu'il a mieux plus à l'ouest du pays qu'à l'est. Alors qu'à l'ouest, on enregistre le plus grand nombre de barrages complètement remplis, à l'est du pays, le bilan est moin élevé. Même s'il faut tempérer ce constat par une autre réalité : les barrages d l'est du pays sont beaucoup plus grands, et celui de Beni Haroun, avec 900.000 mètres cube, a une capacité égale à celle de l'ensemble de barrages de l'ouest.
Ce bilan ne cache pas une pointe d'inquiétude, avec un sérieux déficit dans certaines wilayas de l'est du pays, ce qui contraint le ministère des ressources en eau à mettre en place un plan d'urgence pour cet été. Au-delà, on espère que les installations en aval du barrage de Beni Haroun seront achevées, et permettront d'alimenter les wilayas touchées.
Cette abondance de l'eau ne supprime pas toutes les hypothèques. Les difficultés demeurent nombreuses, et extrêmement variées. Au sud du pays, la pollution menace de nombreuses villes. Le couloir de Oued Ghir, entre Ouargla et El-Oued, le plus connu. C'est une menace permanente pour toute la région. Le ministre des ressources en eau a annoncé que la protection de ce couloir a été confiée à l'Office National d'Irrigation et de drainage (ONID).
L'immense gisement des eaux usées
Toujours dans le sud, l'eau, puisée de la nappe phréatique, est saumâtre, avec deux à quatre grammes par litre. Il faut donc la traiter, ce qui coûte relativement cher. Des stations de déminéralisation ont été réalisées dans les principales villes, et une quinzaine d'autres sont prévues dans l'axe Ouargla-El-Oued, jusqu'à Ghardaïa.
De nombreux points de satisfaction sont toutefois enregistrés. Le pays s'est déjà doté de 145 stations d'épuration, ce qui permet de traiter 800 millions de mètres cube par an. Dès 2014, ce chiffre va passer à 1.2 milliards, ce qui fera des eaux traitées « une alternative intéressante », selon M. Necib. A l'heure actuelle, 20% des eaux usées sont traitées. Ce taux passera 51% en 2020, ce qui permettra d'irriguer 80.000 hectares, et 55% en 2025, pour 100.000 hectares.
Et même si cette eau n'est pas encore systématiquement utilisée pour l'agriculture, le ministère des ressources en eau fait le pari que la tendance, sur le long terme, sera au recours aux eaux épurées. Celles-ci sont offertes gratuitement, et systématiquement contrôlées, à l'entrée et à la sortie des stations, selon des paramètres fixés par l'OMS, assure le ministre des ressources en eau. Parallèlement aux stations d'épuration, l'éco-épuration a donné des résultats probants. Une centaine d'unités seront inscrites progressivement pour être financées sur le budget de l'Etat.
Autre point de satisfaction, l'exploitation de la nappe phréatique dans le sud dans un respect de l'accord régional conclu avec la Libye et la Tunisie. Cet accord est « un modèle dans son fonctionnement et dans le niveau de concertation », a déclaré M. Necib, ajoutant que « tout ce qui a été convenu est respecté ».
« Tout le dispositif est en mouvement »
L'Algérie n'exploite que 2.5 milliards de mètres cube sur le quota de cinq milliards qui lui est alloué, mais avec le développement attendu de l'agriculture dans le sud, ces quantités devraient rapidement augmentées. Le ministère des ressources en eau annonce avoir mobilisé six milliards de dinars pour les projets en phase de lancement dans le sud, alors que le Ministère de l'agriculture va consacrer 80 milliards de dinars aux projets dans le sud. « Tout le dispositif est en mouvement pour l'exploitation de la nappe albienne », a déclaré M Necib. Ce dispositif comprend également l'électrification des installations, la réhabilitation et l'entretien des réseaux de drainage et des fameuses fogara, ainsi que les digues pour les nappes superficielles.
Ce programme fait partie d'un vaste plan d'investissement, qui se poursuivra sur les cinq prochaines années. Le ministère des ressources en eau travaille actuellement sur « le montage d'un nouveau programme » 2015 ' 2019 pour le secteur. Ce nouveau programme devrait se situer au même niveau, ou légèrement en rentrait, par rapport à celui de 2010-2014, qui s'était monté à 780 milliards de dinars 7.8 milliards d'euros.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abed Charef
Source : www.maghrebemergent.info