El-Oued - Revue de Presse

Plus fortes les couleurs



C'est fou ce que les Algériens aiment leur pays. C'est le constat que l'on a pu dresser à l'occasion des éliminatoires de la Coupe du monde de football. C'est incontestable, et l'emblème national, plus encore les couleurs nationales sont fièrement exhibées. Les Algériens en ont fait leur signe distinctif que leurs compatriotes vivant par-delà des océans affichent souvent avec beaucoup de bruit et surtout de manière ostentatoire. Il n'est pour cela que de parcourir la Toile, ce phénomène de notre époque pour le constater. L'on ne dira pas que seul le football a rassemblé les Algériens. Ce qui est totalement faux, mais beaucoup plus l'adversité, jusque et compris face à la nature et ce qu'elle a de plus hideux. Il s'agit des catastrophes naturelles. Comme les inondations de Bab El Oued en 2001 et le tremblement de terre de Boumerdès en 2003. C'est simple, les premiers secours étaient organisés par des citoyens dépourvus de moyens. Des familles ont accueillli d'autres familles partageant ce qu'elles ont. Et souvent bien peu. Mais les Algériens ont pris alors l'exacte mesure de ce sentiment national. Il était fort.La solidarité nationale n'a jamais été aussi évidente, et elle constitue aussi un trait de caractère des Algériens où qu'ils se trouvent il faut bien le souligner. Et c'est avec plaisir que des Algériens restés dans leur pays vont partager des moments forts avec d'autres qui l'ont quitté pour des raisons que l'on comprend aisément. Cette fois-ci, c'est le football qui est l'élément déclenchant de cette ferveur, mais il n'est pas le seul, constate-t-on. Et à chaque fois, les couleurs nationales sont déployées et exhibées avec beaucoup de fierté. Aussi bien dans les villes algériennes, ce qui est naturel, dira-t-on, que là où il y a un Algérien. Sur les Champs-Elysées, à Paris, ou à Michigan Street à Chicago, aux Etats-Unis, ou encore à Montréal. Ceux-là ont d'ailleurs animé de fort belle manière les débats sur la Toile. Plus qu'un signe de ralliement, c'est celui de l'appartenance à un peuple, transcendant toutes les difficultés, et elles ne manquent pas, comme celles qui ont contraint des centaines de milliers d'Algériens à vivre hors des frontières nationales. Et tous ces harraga, parce qu'il faut bien en parler.C'est cela les Algériens, toujours, aussi, prêts à dire ce qu'ils pensent de leur pays, c'est bien leur droit le plus absolu, mais prompts à répondre présent quand il s'agit d'aider d'autres Algériens, de défendre et d'honorer les couleurs nationales, sans que qui que ce soit le leur dise. Eh oui, ils sont réfractaires aux ordres, mais pas au contexte qui brise tous les codes. C'est le cas cette fois du parcours de l'équipe nationale de football qui a redonné de l'espoir aux Algériens. L'espoir de figurer parmi les qualifiés à la Coupe du monde, mais aussi que tout est possible. Là est certainement le plus important message. On a vu des Algériens célébrer leur équipe nationale de football, comme en 1982 et 1986 et en 1990 quand elle a remporté la Coupe d'Afrique des nations. Mais pour ceux encore nombreux qui se souviennent de l'époque, les Algériens célébraient la victoire. Autrement dit, il n'y avait pas d'avant-match, comme c'est le cas actuellement. Et pour les spécialistes de la question, il y a une explication, et même plusieurs, car il faut savoir analyser ce phénomène, et décrypter son message. Mais ce n'est en aucun cas du chauvinisme, et même ceux qui vivent loin du pays, rappellent qu'ils n'ont pas changé malgré les vicissitudes de la vie et l'éloignement.
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