Le passage prochain à la e-administration et au e- payement pose d'ores et déjà la sérieuse question de la sécurité informatique dans notre pays.C'est en regardant nos cicatrices d'hier que l'on prend conscience d'une terrible réalité: il est écrit quelque part, que l'Algérie apprend toujours dans la douleur. Il suffit d'un simple tour d'horizon pour s'en rendre compte. Ce sont les graves inondations de Bab El Oued en octobre 2001, qui nous ont appris à nettoyer correctement les voiries et les avaloirs avant l'arrivée de la saison hivernale. C'est le ravageur séisme de 2003 à Boumerdès qui nous a rappelé au prix de 3000 morts et des milliards de dollars de pertes matérielles, qu'il y a de strictes normes de constructions antisismiques. Et la liste de cette déplaisante comptabilité est encore longue. Faut-il attendre plus de victimes du jeu macabre de la Baleine bleue pour voir nos députés débattre du fléau, la société civile sensibiliser, les partis politiques réagir et le gouvernement agir' Nous n'allons pas inventer la fatalité électronique en Algérie. Les solutions existent et c'est au gouvernement de charger un collège d'experts pour élaborer une stratégie de lutte contre de telles attaques. La situation est grave et elle doit nous interpeller avec la même rigueur que le nettoyage des avaloirs et la construction antisismique. Tout comme la bataille médiatique, celle de l'informatique fait partie de ces nouvelles formes de conflit. Plusieurs centres spécialisés dans la cybersécurité classent l'Algérie parmi les pays les plus vulnérables en matière de sécurité informatique. On peut sous-évaluer la fiabilité de ces classements, mais l'Algérie n'est pas mieux que l'Estonie de par son infrastructure électronique. Ce pays utilise un système de cartes d'identité électroniques permettant l'identification et la signature par voie numérique. Il y a plus de dix ans qu'il a organisé le premier scrutin parlementaire en ligne au monde, et des services essentiels comme la banque en ligne et les soins de santé y sont assurés via Internet. Pourtant, en 2007, l'Estonie a subi l'une des plus graves attaques numériques dans l'histoire. Le pays a été totalement isolé du monde, toutes les communications ont été bloquées, les transactions bancaires arrêtées et les services internationaux partiellement inaccessibles durant plusieurs jours. Sommes-nous mieux lotis que le Pentagone qui, en 2008, subissait des cyberattaques si graves qu'il lui fallut pour la première fois interdire l'utilisation de certains matériels externes, comme les disques durs de type flash' Ces attaques ont mis en lumière la nécessité de se doter d'une politique de cyberdéfense et efficace pour contrer une possible attaque massive. Elles étaient de faible intensité certes, mais des alertes ont déjà eu lieu quand des sites Web de ministères et plusieurs institutions algériennes ont fait l'objet de piratage informatique. Le passage prochain à la e-administration et au e- payement pose d'ores et déjà la sérieuse question de la sécurité informatique dans notre pays.
En fait, on n'a pas entendu parler de l'Organe national de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l'information et de la communication. Il a été installé par décret présidentiel en octobre 2015. Il s'agit d'une Autorité administrative indépendante, placée auprès du ministre de la Justice, qui devait travailler sous la supervision et le contrôle d'un Comité directeur présidé par le ministre de la Justice, et comprenant des membres du gouvernement concernés par la question, les responsables des services de sécurité, ainsi que deux magistrats de la Cour suprême désignés par le Conseil supérieur de la magistrature. Alors où placer le curseur'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Brahim TAKHEROUBT
Source : www.lexpressiondz.com