
Tant que le cap est mis sur la procédure à suivre auprès du Conseil constitutionnel, il n'est pas question pour le moment d'évoquer d'autres moyens de contestation.Prises au piège d'une élection à laquelle elles ont pris part sans trop de conviction, plusieurs formations politiques, scandalisées par l'issue tragicomique du scrutin en raison de la fraude généralisée menée de main de maître par les tenants du pouvoir en place, ne savent à quel saint se vouer. Ayant compris leur douleur tardivement, elles tentent de réagir tout en sachant, à l'avance, que leur marge de man?uvre reste très réduite face à un système qui a tout verrouillé dans les moindres détails. Il ne leur reste donc que la voie de recours réglementaire avec le dépôt des recours au Conseil constitutionnel 48 heures après que ce dernier a procédé à l'annonce officielle des résultats. Et comme le Conseil constitutionnel ne devrait pas tarder à le faire puisqu'il dispose de 72 heures seulement pour valider ou invalider le décompte final et la répartition des sièges, les contestataires s'affairaient déjà hier à la collecte de toute preuve pouvant servir à appuyer les accusations de fraudes émises et espérer se rendre justice. Au Parti des travailleurs, toujours sonné par les résultats obtenus à l'occasion de ces législatives, l'heure est à la mobilisation générale avec pour mot d'ordre de rassembler le maximum de preuves possibles pour tenter d'améliorer le faible score enregistré jeudi et qui a vu le parti dégringoler de 24 sièges en 2012 à 11 sièges pour les présentes élections. Et tant que le cap est mis sur la procédure à suivre auprès du Conseil constitutionnel, il n'est pas question pour le moment d'évoquer d'autres moyens de contestation. Le porte-parole du PT, Djelloul Djoudi, tient d'ailleurs à insister sur cette vision des choses et qui tend à ne pas griller les étapes. "C'est tout le monde qui a vu la fraude généralisée et le hold-up organisé dont nous avons été victimes, nous et d'autres formations politiques. Nous profitons de la possibilité qui nous est donnée de faire des recours auprès du Conseil constitutionnel pour rassembler le maximum de recours pour les wilayas où nous disposons de suffisamment de preuves de fraude", explique-t-il, d'ailleurs, tout en précisant que là où le parti ne possède pas de preuves solides, il ne fera pas de recours. M. Djoudi évoque, par ailleurs, le travail de coordination entrepris avec les autres partis de l'opposition qui se plaignent du trafic électoral pendant les législatives de jeudi dernier pour un échange d'informations et de preuves sur les procédés condamnables utilisés pour frauder au profit des partis au pouvoir. Quant à la suite des événements après le traitement des recours par le Conseil constitutionnel, le porte-parole du PT préfère ne pas s'avancer sur le sujet "tant qu'on ne connaît pas encore le sort qui sera réservé aux recours". Même son de cloche chez le Mouvement de la société pour la paix d'Abderrezak Makri, visiblement encore sous le choc des méthodes parfois "sauvages" auxquelles ont eu recours les fraudeurs dans certaines wilayas du pays. Le chargé de la communication de cette formation, Bouabdellah Bouadjmia, tient à insister sur le caractère de la contestation qui doit être toujours pacifique contre la fraude malgré, dit-il, l'ampleur du déni. "On va déposer les recours au Conseil constitutionnel tout en espérant qu'il rendra justice. Ensuite, on ne peut remettre en cause son jugement. Mais on ne se taira pas. On continuera à lutter pacifiquement et politiquement", assure-t-il, relevant au passage les nombreux cas de fraude flagrante relevés par le parti, notamment à M'sila, à El-Oued, à Blida et à Oran, où les fraudeurs ont eu recours à des agressions physiques pour commettre leur forfait.H. Saïdani
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hamid Saidani
Source : www.liberte-algerie.com