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On se ménage la journée pour s'éclater le soir



On se ménage la journée pour s'éclater le soir
Baptisée ville universitaire de rayonnement africain en 1964, la commune de Boumerdès a été créée en 1984 en même temps que la wilaya dont elle est le chef-lieu. Ayant auparavant la vocation de cité-dortoir, en raison des nombreux instituts d'enseignement supérieur implantés lors de la période post-indépendance, Boumerdès, de son nom colonial « Rocher Noir », n'est pas une ville commerciale. Hormis quelques quartiers et boulevards qui se comptent sur les doigts d'une seule main, la cité a tendance à activer sur les plans estudiantin et administratif, d'où l'effervescence et les mouvements constatés à proximité de l'université, instituts, centres de formation, lycées et autres institutions de l'Etat.En cette période de Ramadhan qui coïncide pratiquement avec les vacances scolaires, l'activité est nettement moins intense dans la ville. Dans la journée, certains quartiers sont pratiquement déserts. Dans les différentes artères, on voit plus de véhicules que de piétons. Les habitants de Boumerdès donnent l'impression d'avoir cette préférence de faire leurs courses en voiture, d'où le problème de stationnement devant les différents commerces. Loin de ressembler aux quartiers populaires des grandes villes du pays, à l'image d'Alger-Centre, Bab El Oued ou Belouizdad dans la capitale, de Sidi El Houari, El Hamri ou Es-Saâda à Oran, de Sidi Rached, Mansourah ou Zankatt Ettabbala (ex-rue des Corneilles) à Constantine, la ville de Boumerdès offre un décor moins arabesque, comparativement à ces vieilles cités. Peuplée aujourd'hui par des habitants venus de différentes régions du pays, la ville n'offre pas un cachet identique aux anciennes villes du pays. Spacieuse et aérée, la cité paraissant moins dense les autres mois de l'année l'est encore plus pendant le Ramadhan.Chacun dans son petit coin et veillant à ce que son foyer ne manque de rien, le Boumerdassi se ménage le jour pour s'éclater le soir après la rupture du jeûne. Si certains prennent le temps d'apprécier la gastronomie algérienne à table et en famille, d'autres se contentent de « boire » leur bol de chorba, h'rira ou l'djari, selon la tradition, pour ensuite se précipiter à allumer une cigarette et prendre la destination du café du quartier. Mission : réserver une table avec ses complices pour s'adonner à ses jeux favoris durant ce mois, à savoir les dominos et le jeu de cartes, jusqu'au bout de la nuit. C'est le cas de Rezki, un cadre administratif, qui ne se prive pas de ce plaisir pour rien au monde.« Mes amis et moi avons pris l'habitude de veiller en jouant aux dominos, histoire de décompresser un peu de la pression simultanée du travail et du jeûne. Sincèrement, j'imagine mal changer le programme de mes soirées ramadhanesques », nous a-t-il affirmé. Pour d'autres, comme Mohamed, Smaïl, Lyès et Nassim, tous quadragénaires et voisins à la résidence Zidane, ils préfèrent se rencontrer dans une terrasse autour d'une table pour siroter un thé et s'échanger les dernière nouvelles, non sans se fendre la rate après une journée pénible de travail et de jeûne.
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