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Nos jeunes et le vide mémoriel



Nos jeunes et le vide mémoriel
Aujourd'hui pour nos jeunes, le risque du «printemps arabe» relève du surréalisme. Ils sont des proies idéales pour le premier bonimenteur qui passe. Nous n'avons rien fait pour leur montrer ce que fut réellement la décennie du terrorisme des années 1990. Même pas une rediffusion de l'actualité de l'époque. Il y a un vide mémoriel qu'il est urgent de combler...La menace se précise. Des complots se trament contre notre pays. Les services de renseignements des plus grands pays le savent. Ils nous le disent. Le dernier à le faire est le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Serguei Lavrov (voir notre édition d'hier). En fait, il l'a confirmé car nos services de renseignements ont une grande réputation d'efficacité dans le monde. Mais comme ils n'ont pas pour vocation d'informer le grand public, ils font leur travail hors des micros et des caméras. Il n'en demeure pas moins qu'il suffit de suivre l'actualité pour se rendre compte des situations créées, un peu partout dans le monde par des forces extérieures. C'est le cas de tous les pays frappés par «le printemps arabe». Le fait que le pouvoir en place dans ces pays ne soit pas démocratique, n'explique pas tout. C'est un point d'appui qu'utilise la subversion. Une faille tout simplement. C'est précisément ce que recherche d'abord, la «main étrangère» dont il faut être complice pour tenter de cacher son existence. Jusque-là, parmi les points d'appui qui nous sont propres, celui de l'importante partie de notre population, que sont les jeunes, paraît être particulièrement ciblé. La fougue, l'énergie, l'audace, l'innocence en font un «détonateur» idéal. Surtout si l'on y ajoute le déficit «immunitaire» que confère le capital mémoriel. C'est précisément le point crucial qui nous semble aujourd'hui urgent à combler. Que savent nos jeunes de moins de 30 ans de la décennie des années 1990' Rien! Ou pas grand-chose! Ce qui sont nés à la deuxième moitié des années 1980 ne peuvent pas avoir souvenir de la première «secousse» d'octobre 1988. Pas plus du plus fort moment du terrorisme au milieu des années 1990. A 9 ou 10 ans, les souvenirs sont vagues et l'incompréhension totale. Même ceux qui parmi eux ont été les victimes collatérales de la violence hors normes qui s'était abattue. Ils en auront seulement gardé des perturbations psychologiques qui les rendent encore plus vulnérables. Aujourd'hui, nos jeunes adolescents, cette frange la plus exposée, sont nés et ont grandi après la «tempête». Pour eux, le risque du «printemps arabe» relève du surréalisme. Ils sont des proies idéales pour le premier bonimenteur qui passe. Leurs aînés qui ont 20 et 25 ans ne sont pas mieux «logés». Ils passent à l'âge adulte mais l'esprit encore vierge des traquenards qui jonchent le parcours d'une vie. Il n'y a rien à leur reprocher. Les coupables sont à rechercher parmi les mentors qui se gardent bien d'apparaître au grand jour. L'un des moyens pour contrer cette dérive est pourtant à notre portée. Celui du travail mémoriel. Il est regrettable que nous n'ayons rien fait de ce côté-là. Non seulement nous ne sommes pas parvenus encore à écrire notre histoire et particulièrement celle de la colonisation qui a nécessité le sacrifice d'un million et demi de martyrs pour nous affranchir, mais aussi et surtout nous n'avons rien fait pour montrer à tous nos jeunes dont nous parlions plus haut ce que fut réellement la décennie du terrorisme des années 1990. Aucune production audiovisuelle. Il ne s'agit même pas de films, puisque nous démarrons à peine ceux qui ont trait à la période de la lutte de Libération nationale. Aucun documentaire. Aucune rediffusion des actualités de l'époque. Les archives de l'Entv ne manquent pas. Pour montrer à ces jeunes, la manifestation qui s'est terminée par des tirs venus de nulle part à Bab El Oued. Ou les dégâts des voitures piégées intervenus par la suite. Les assassinats en pleine agglomération. Pour leur montrer les témoignages des veuves et des orphelins de cette tragédie. Ce n'est pourtant pas compliqué. Il suffit de faire des montages intelligents de séquences qui dorment au boulevard des Martyrs. Même les télévisions privées qui émettent aujourd'hui devraient se mettre de la partie pour peu qu'elles soient animées du sentiment patriotique. Devant un tel vide mémoriel, il ne faut pas s'étonner qu'un jeune de 20 ans pense qu'il n'y a aucun mal ni aucun danger à faire partie de la foule qui s'exprime dans la rue. Notre responsabilité est totale et entière. Nous, les médias, tout autant que les structures de l'Etat. Il n'est jamais trop tard pour bien faire. D'autant qu'il ne s'agit pas de réaliser des chefs-d'oeuvre, mais de rassembler et mixer des séquences des actualités de l'époque. 70 ans après, les films sur la Seconde Guerre mondiale ne se comptent plus. De nouveaux sont toujours programmés. Toutes les télés occidentales et d'ailleurs les passent et repassent. A ce jour. Ce n'est pas sans raison. Nous avons mille raisons pour faire la même chose et permettre à nos jeunes de s'imprégner de la période «noire et rouge» que nous avons vécue il y a quelques années seulement. C'est le seul moyen d'entretenir la paix que nous avons aujourd'hui. Elle est si récente et si fragile!zoume6@hotmail.com


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