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Mercuriale: Nouvelle surchauffe des prix des fruits et légumes



La période de soudure pour de nombreux produits agricoles frais est propice à une reprise à la hausse des prix, avec des marges souvent disproportionnées pour les arrivages de saison. Hier samedi dans les marchés du centre du pays, les prix de certains produits agricoles frais comme la tomate ou la pomme de terre étaient bien orientés à la hausse. La tomate était entre 100 et 130 DA/kg et la pomme de terre entre 70 et 85 DA/kg en moyenne. Des niveaux de prix que n'explique pas pour le moment le régulateur, c'est-à-dire le ministère du Commerce, car pour la pomme de terre, les premiers arrivages sur le marché de la production de saison devraient faire baisser les prix. Actuellement, c'est le contraire qui est observé, notamment avec l'arrivage également de la production de saison du topinambour, une sorte de truffe très consommée dans le centre du pays, cédé au marché de Blida à 180 DA/kg. La patate douce est, quant à elle, entre 260 et 280 DA/kg. En fait, la surchauffe est généralisée, avec des poivrons à 120 DA/kg en moyenne, les haricots blancs à 300 DA/kg, les haricots rouges à 220 DA/kg ou les carottes et les aubergines entre 60 et 80 DA/kg. Les prix des fruits sont également hauts, avec une moyenne de 200 DA/kg pour les poires et les pommes locales, le raisin à 160 DA/kg ou la datte à partir de 350 DA/kg et la banane à 400 DA/kg. L'augmentation des prix des fruits et légumes durant cette période, avec les dernières cueillettes pour beaucoup de spéculations agricoles, coïncide également avec l'arrivée d'autres produits, dont la pomme de terre qui devrait d'ici à la mi-novembre connaître une baisse sensible des prix, même si pour les primeurs la tendance restera maintenue à la hausse, car les variétés actuelles en hors-saison sont globalement produites dans les régions du sud du pays, où les agriculteurs ont énormément investi.Pour les prix des viandes blanches, le poulet reste en moyenne entre 300 et 360 DA/kg, les ?ufs à 10 DA l'unité, alors que la viande ovine et bovine oscille entre 1400 et 1600 DA/kg. Pour le poisson, c'est la sardine qui a fait parler d'elle le plus, avec des prix en nette baisse, entre 200 et 250 DA/kg en moyenne durant ce mois d'octobre. Entre la spéculation, une marchandise qui change de mains jusqu'à quatre fois et le coût du transport des champs de Biskra ou El Oued vers les grandes villes du pays, les prix des produits agricoles enregistrent des niveaux prohibitifs. Ce que, a priori, l'Office national des statistiques (ONS), ne prend pas en compte dans ses calculs pour définir l'indice mensuel des prix à la consommation et, partant, le taux d'inflation. Au mois d'août dernier, alors que les prix des fruits et légumes avaient enregistré des hausses extraordinaires sur presque tout le mois, l'ONS a dans son bilan annoncé que le taux d'inflation annuelle enregistré s'était établi à 4,8%, avec une évolution de seulement 0,5% par rapport à celui du mois précédent. Selon l'Office, ce sont les biens alimentaires, en particulier les produits agricoles, qui ont enregistré une hausse significative de 0,6% par rapport au mois de juillet 2018. Ce sont les prix des produits agricoles frais qui ont grimpé de 1,2%, alors que les prix des fruits, toujours selon le bilan du mois d'août établi par l'ONS, ont augmenté durant cette période de 19%, une hausse de 17,9% pour les ?ufs et de 1,5% pour les viandes. Or, la tendance des prix des fruits et légumes, après une légère décrue entre la mi-septembre et le début octobre, a repris son mouvement haussier, en particulier pour les primeurs. En attendant les statistiques du mois de septembre, un nouveau cycle de surchauffe des prix des fruits et légumes, et globalement des biens alimentaires est à prévoir dans les toutes prochaines semaines.
La loi de finances 2018 prévoit une inflation de 5,5%, un taux qui ne reflète pas la réalité des énormes fluctuations et différences des prix sur le marché local, notamment pour les produits agricoles frais, les produits alimentaires importés, ou l'habillement, les cosmétiques et les services dont le transport. Le gouvernement table, pour la loi de finances 2019 dont le texte est au Parlement, sur un taux d'inflation de 4,5%, puis 3,9% en 2020 et 3,5% en 2021. Des niveaux qui semblent pour le moment irréalistes au regard de la tendance de plus en plus inflationniste de l'économie nationale, le FMI situant pour 2019 un coût de la vie aux environs de 6 à 7%.
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