A moins de trois semaines du Ramadhan, la mercuriale est scrutée à la loupe par les observateurs et les ménages, qui appréhendent fortement les flambées de prix en pareille période de l'année.De quoi sera fait le Ramadhan 2022, qui débute le 2 ou 3 avril prochain ' Rien n'est encore fixé à ce sujet, pour le moment les marchés sont presque dans l'expectative, enregistrant des prix assez élevés depuis quelques mois, tout en gardant une relative stabilité ces derniers jours. Mais la crainte de la tempête après le calme, que les prix atteignent l'insupportable, laisse le citoyen circonspect. Toutefois, les parasites spéculateurs oseront-ils montrer leurs têtes, alors qu'ils peuvent tomber sous le coup des sévères sanctions en vigueur (la loi sur la spéculation illégale, entrée en vigueur, prévoit des peines de prison allant de 5 à 10 ans pour les personnes impliquées, voire jusqu'à 30 ans dans certains cas (lors d'une crise sanitaire ou de catastrophe naturelle par exemple).
Les opérations de contrôle qui se sont multipliées ces dernières semaines ont mis sur la défensive ceux qui tiraient vers le haut la ficelle des prix. Des prix qui restent, donc, élevés mais à des niveaux fixes. Des ménages interrogés ont montré leur inquiétude à propos de ce que seront les prix lors du Ramadhan si bien avant, déjà, les denrées alimentaires sont devenues inaccessibles pour les petites bourses. « S'il faut encore s'attendre à de nouvelles hausses des prix, on n'aura qu'à se serrer la ceinture de jour comme de nuit », ironisent des citoyens. Les commerçants, eux, restent optimistes, en se montrant rassurant à propos de la stabilisation des prix durant le Ramadhan au niveau actuel. C'est-à-dire qu'on aura, selon une moyenne de prix, de la tomate à 80 dinars/kg, le piment fort et doux à 120 dinars, les choux-fleurs à 120 dinars, les carottes à 80 dinars, les courgettes à 80 dinars et la salade à 100 dinars. Mais si la disponibilité des marchandises est fort remarquable pour toutes les qualités, la pomme de terre, vendue ces jours-ci entre 100 et 120 dinars/kg, et qui va enregistrer un pic de la demande au mois de Ramadhan, reste objet de tentatives spéculatives. Par qui ' Par les producteurs eux-mêmes, qui refusent de ramasser leur production pour assécher le marché et faire monter les prix, notamment durant les prochains jours. Cependant, certains commerçants nous ont affirmé que l'intervention des pouvoirs publics, qui ont obligé les producteurs à ramasser leurs récoltes de pomme de terre, devrait faire baisser son prix dans les prochains jours.
Rappelons que le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations a menacé de prendre des mesures « rigoureuses » à l'encontre des producteurs de pommes de terre qui refusent de procéder au ramassage de leurs récoltes pour augmenter les prix du produit sur le marché. Les services de contrôle effectuent dans cadre, en coordination avec les services du ministère de l'Agriculture, des opérations de contrôle au niveau des différentes wilayas productrices de pommes de terre afin d'endiguer ce phénomène. Et on a effectivement découvert, dans la wilaya d'El Oued, que les agriculteurs ont refusé de procéder au ramassage de leurs récoltes de pommes de terre estimées à 10.000 tonnes les laissant sous terre, ce qui explique la récente hausse des prix de ce produit sur les marchés de gros et de détail.
Sur un autre registre, ce sont les prix des fruits qui semblent ne pas marquer de répit. Les oranges qui coûtent jusqu'à 170 dinars/kg, suite à des augmentations, remarquées ces derniers jours, presque chaque jour 10 dinars en plus, risquent d'atteindre des prix inabordables au mois de Ramadhan. Ainsi que les pommes, avec des prix oscillant entre 260 et 350 dinars/kg, les fraises, entre 260 et 300 dinars et des bananes devenues un fruit de luxe, à 500 dinars.
Quant au prix du poulet, vendu à 390 dinars ces jours-ci, il pourrait grimper encore pour dépasser les 400 dinars au début du mois de Ramadhan. Les prix des viandes rouges restent imperturbables, entre 1200 et 1400 dinars. Le lait fait également partie des matières touchées par le pic de consommation, et l'on prévoit dans ce sens l'élaboration d'une nouvelle carte de distribution pour un meilleur approvisionnement du marché. Mais, au-delà de toutes ces prévisions qui tendent vers une stabilisation des prix des légumes, surtout, il faut tenir compte du comportement des consommateurs, qui peuvent en cas de frénésie des achats faire grimper les prix en un rien de temps.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com