El-Oued - Revue de Presse

Les vendeurs squattent de nouveau la voie publique



Tout porte à croire que oui et que le discours officiel adopté ces derniers jours a réduit à néant tous les efforts entrepris dans le cadre de la lutte contre l’activité tant décriée. La sortie d’avant-hier du wali délégué de Hussein Dey, explicitant «l’autorisation» d’exercer pour les jeunes qui se sont révoltés contre la saisie de leurs marchandises, illustre parfaitement cette situation de recul de l’Etat dans son processus d’éradication de ce fléau. Le ministère de l’Intérieur avait pourtant instruit les walis de mener une guerre sans merci contre les vendeurs squattant l’espace public. Une panoplie de mesures et de règlementations a été également adoptée pour la traçabilité des fonds et une meilleure maîtrise du mouvement des capitaux. Les acquis de cette démarche «sont réduits à zéro», constatent désespérément les commerçants «réglos». A Bachdjerrah, après une courte épuration de la rue de ces squatteurs, c’est un air triomphal qu’adoptent à présent les vendeurs illicites : avec des bombes de peinture, ils délimitent les places, narguant policiers, riverains et commerçants avant d’étaler leurs marchandises. «Des commerçants nous ont contacté pour communiquer leur inquiétude face à la bataille abandonnée par l’Etat contre ce fléau qui ronge l’économie nationale. Sommes-nous censés encaisser les pertes dans le silence ou plutôt emboîter le pas à ces hors-la-loi et nous insérer dans les circuits informels», s’interroge l’Union générale des commerçants et artisans algériens, qui dit «comprendre le caractère temporaire des mesures annoncées par le ministre du Commerce, mais conscient des retombées néfastes sur l’économie et sur l’image de l’Algérie». Selon cette organisation, le gouvernement a répondu par des mesures politiciennes à un problème qui menace l’économie nationale. Que sera la situation après le 31 août 2011 ' «D’autres mesures d’apaisement seront certainement prises», estime l’UGCAA. Selon les représentants des commerçants, «le redéploiement de l’informel avec le feu vert des officiels témoigne de l’ampleur de ce phénomène et de sa puissance devant lesquelles les institutions officielles ont fait machine arrière».   Il faut s’interroger également, ajoutent nos interlocuteurs, sur la provenance des produits écoulés loin du circuit officiel. «De vrais réseaux organisés, où sont groupés des importateurs et des fabricants, tirent profit de cette anarchie et sont les premiers à être gênés par l’organisation du secteur du commerce qui commençait à prendre forme.»
Le comité des quartiers de Bab El Oued, dont les membres se disent, «outrés par la facilitation avec laquelle les autorités ont cédé le terrain aux vecteurs de l’informel», revendique le droit de regard sur «l’argent injecté dans la réalisation des marchés de proximité. Nous demandons des comptes sur le projet du Président consistant en la réalisation de 100 locaux par commune». Les représentants des habitants de Bab El Oued rappellent que, dans leur commune comme dans d’autres, les locaux du Président ont tourné au fiasco. Aucune APC n’a livré ce projet et c’est beaucoup d’argent jeté par les fenêtres, regrettent nos interlocuteurs estimant que l’échec dans la gestion du dossier de l’informel au niveau local devrait initier les hautes autorités à pallier aux raisons de ce ratage, et non  balayer tous les efforts déployés jusque-là !
 
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