El-Oued - A la une

Les tags anti-élection s'emparent de l'espace urbain



Mercredi 20 novembre. La campagne électorale pour le scrutin présidentiel du 12 décembre consomme son quatrième jour. Pourtant, les prétendants à la magistrature suprême ne s'approprient guère l'espace urbain. Dans les quartiers d'Alger, des plus populaires (Oued Koriche, Climat-de-France, Bab El-Oued,), aux résidentiels (Val d'Hydra) ou de standing intermédiaire (Alger-Centre, Ben-Aknoun, Bologhine, Chéraga), les panneaux réservés à l'affichage électoral, sont toujours aussi nus, y compris dans les lieux relativement sécurisés, tels ceux situés à proximité des barrages fixes de la Sûreté nationale ou aux abords des institutions sous surveillance policière, telle la Cour suprême.Dans certains endroits, les panneaux sentent la peinture blanche fraîche (place des Martyrs, Bab El-Oued?). Les agents de l'APC se sont échinés à effacer, par quelques coups de pinceaux, les tags exprimant le rejet de l'élection présidentielle. Les traces des citoyens insurgés contre le régime et sa feuille de route n'ont, toutefois, pas toutes disparues.
À Beau-Fraisier, la revendication "Makach l'vot" (Il n'y aura pas de vote) est écrite, à la bombe, en noir sur les murs et en blanc sur l'asphalte de la route carrossable, à quelques encablures du commissariat du quartier. À Chéraga, elle est consignée en rouge, accompagnée de l'engagement à bouder les urnes : "Je ne vote pas". À Télémly, en contre-haut du centre-ville, les portraits de deux candidats sont arrachés presque totalement.
À leurs places sont portés les noms de détenus d'opinion, le moudjahid Lakhdar Bouregâa, le militant politique Karim Tabbou (en mandat de dépôt) et la prisonnière de la bannière amazighe, élue de l'APW de Tizi Ouzou Samira Messouci, condamnée par le tribunal de Sidi-M'hamed à une année de prison dont six mois avec sursis assortie de 30 000 DA d'amende. Par ailleurs, pas une seule permanence électorale n'est visible sur des dizaines de kilomètres parcourus à travers la capitale.
Le portrait géant d'Abdelkader Bengrina, déployé dimanche dernier sur la façade d'un immeuble abritant le siège de wilaya de son parti El-Bina à la rue Ben-Boulaïd, a été retiré, probablement après avoir été bombardé d'?ufs par des citoyens en colère contre l'apparition du candidat, sous forte escorte, à la Grande-Poste, place mythique du mouvement citoyen.
Le siège national du RND, à Ben-Aknoun, n'est pas habillé, non plus, de banderoles ou de bâches à l'effigie du candidat Mihoubi, qui brigue la plus haute fonction de l'Etat. Traditionnellement, à ce stade du processus électoral, les candidats en lice utilisent tous les supports autorisés par la loi organique portant code électoral afin de se rendre visibles aux électeurs. Il n'en est rien pour le présent scrutin.

Souhila Hammadi
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