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Les pouvoirs publics doivent lutter contre les barons de l'importation, selon des experts Ils décident encore une fois d'éradiquer les marchés informels



Les pouvoirs publics doivent lutter contre les barons de l'importation, selon des experts                                    Ils décident encore une fois d'éradiquer les marchés informels
Photo : S. Zoheir
Par Bahia Aliouche

Les pouvoirs publics relancent encore une fois l'opération d'éradication de l'informel. En effet, un dispositif sécuritaire a été renforcé à travers les différents marchés informels pour éviter que les «commerçants illégaux» ne reviennent à la charge. A Alger, où il est recensé
150 marchés informels, l'opération de nettoyage a déjà commencé à travers certains chefs-lieux (Belcourt, Bab El Oued, la place du 1er Mai, Meissonnier').Faut-il rappeler que moult opérations ont été menées auparavant pour contrecarrer le commerce parallèle mais en vain.S'agit-il, cette fois-ci, d'une décision réelle et effective ' Cette décision pourrait-elle aboutir ainsi à l'assainissement réel du secteur du commerce ' Car, une lecture des chiffres sur cette activité illégale donne froid dans le dos.Selon les dernières estimations, l'économie parallèle représente plus de 40% du PIB, ce qui est extrêmement inquiétant, jugent les responsables gouvernementaux ainsi que les opérateurs économiques. A fin mars 2011, le ministère du Commerce avait recensé quelque 765 sites de commerce informel à travers le pays, dans lesquels activent plus de 75 000 commerçants occasionnels. Depuis, ces statistiques ont explosé, selon des experts du ministère. Les pertes financières de l'Etat du fait de l'inquiétante prolifération du commerce informel, étaient estimées en 2011 à plus de 10 milliards d'euros par an.Aussi, d'après le porte-parole de l'Ugcaa, «60 000 tonnes de produits agroalimentaires périmés sont écoulés au marché noir annuellement». Le danger, selon M. Boulenouar, fait que «chaque algérien consomme 2 kg de ces produits périmés (dérivés de lait, légumes secs, jus) sans le savoir». Ce responsable parle aussi de «2 000 points de vente informels» recensés par son organisation.Si des mesures ont été prises pour mettre fin au commerce illégal, il va sans dire que sa prolifération prend des proportions inquiétantes. Il est utile de rappeler, à ce titre, les différentes mesures instaurées par le ministère du Commerce. Il s'agit entre autres d'organiser et d'aménager des espaces commerciaux réglementés ainsi que de régulariser la situation juridique des marchés non réglementés. Il s'agit aussi d'encadrer et de résorber l'activité commerciale informelle par l'implication de tous les services concernés. Il a été également décidé de créer, au niveau de chaque wilaya, des commissions à la suite de l'instruction interministérielle mixte (Commerce- Intérieur) de mars 2011. Des commissions qui devaient examiner les voies et moyens de traitement de ce phénomène.
Une autre mesure est prise par le ministère de l'Intérieur et qui prévoit la contribution des collectivités locales à la réalisation de nouvelles infrastructures commerciales et au réaménagement de certaines structures existantes. Ainsi, une enveloppe financière de 4 milliards de DA, à raison de 2 milliards pour 2011 et 2 milliards pour 2012, a été dégagée dans ce sens. Certes, les pouvoirs publics ont pris des dispositions pour contrecarrer l'informel et embaucher les jeunes chômeurs, mais «la solution radicale réside dans la lutte contre les barons de l'importation qui sont la cause réelle du blocage du développement du commerce national», nous a déclaré Boualem M'Rakech, président de la Confédération algérienne du patronat (Cap). Selon lui, les pouvoirs publics doivent aller plus loin dans leurs démarches en «créant des fondements relationnels entre la petite et moyenne entreprise et la très petite entreprise», nous a-t-il dit.
Pour sa part, M. Mohamed Benini, directeur général de l'Agence algérienne de promotion du commerce extérieur (Algex), pense que «pour mettre en avant le secteur du commerce, la solution réside dans le développement d'une politique de production et l'encouragement de l'investissement». Et c'est à l'Etat de jouer son rôle pour encourager les investisseurs à se pencher sur la production de «qualité». Ceci, poursuit M. Benini, permettra au pays de réduire les factures lourdes des produits importés, notamment alimentaires.
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