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Les personnels de la santé publique reconduisent leurs grèves Leurs revendications ne sont pas prises en compte



Les personnels de la santé publique reconduisent leurs grèves Leurs revendications ne sont pas prises en compte
Par Amina Hadjiat
Le mouvement de protestation des personnels de la santé publique s'intensifie alors que le ministère de tutelle a rompu le dialogue. Ce dernier a même déclaré cette grève illégale et donné instruction aux directeurs de la santé publique de procéder à des ponctions salariales. Le fait marquant dans cette grève, n'est pas tant le nombre des grévistes ou son impact, mais plutôt la généralisation de la mobilisation à tous les différents corps de métier liés à la santé publique.
Hier, ce sont les corps communs qui ont entamé leur cinquième semaine de débrayage. Ils sont passés de 3 à 4 jours d'arrêt de travail par semaine. En somme, ils ne travaillent que les jeudis mais assurent néanmoins le service minimum. Leur représentant syndical, affilié à l'Ugta, au niveau du CHU de Bab El Oued, M. Moussaoui Azzedine estime que «le ministère refuse de prendre ses responsabilités qui sont de défendre les intérêts des travailleurs qui dépendent de son département».
Les travailleurs du corps commun qui sont le personnel administratif, les agents de sécurité, les employés de ménage ou encore ceux qui sont en cuisines et à la blanchisserie, dénoncent un traitement à deux poids deux mesures. «Pourquoi nous ne bénéficions pas des primes de contagion alors que nous sommes en contact avec les mêmes patients donc sujets au même risque de contamination '», demande M. Moussaoui. Il conteste les déclarations du ministre qui a annoncé une augmentation de 200% du budget alloué à ces indemnités de contagion. «Le ministre parle d'augmentation alors que nous demandons la généralisation de cette prime à tous les personnels de la santé publique», a-t-il insisté.
De leur côté, les personnels paramédicaux sont en grève illimitée depuis quinze jours. En parallèle, l'Intersyndicale reconduit, dès aujourd'hui, son mouvement de débrayage pour trois jours, sans pour autant écarter l'option de la grève illimitée.
La reconduction est une réponse aux nombreuses déclarations du ministre de la Santé mais aussi celles du Premier ministre. M. Ziari, qui était en visite à Tipasa jeudi, a menacé les grévistes de ponctions de salaires. Il est allé jusqu'à proposer aux mécontents de démissionner, ce qui a eu pour seul effet d'échauffer les esprits parmi les grévistes. Le Premier ministre en marge de sa visite à Laghouat est tout simplement revenu sur les promesses faites aux représentants de l'Intersyndicale concernant l'amendement des statuts et régimes indemnitaires, objets du conflit social.
Les syndicalistes parlent de provocation, de mépris et d'incompréhension. «Les membres du gouvernement disent une chose et son contraire. Comment espèrent-ils êtres crédibles '», dénonce le Dr Yousfi, porte-parole du Syndicat des spécialistes (Snpssp). Toujours selon lui, «le système de santé publique est abandonné et n'a jamais été une priorité pour les différents gouvernements». Il évoque ainsi l'échec des différentes discussions que l'Intersyndicale a eu avec les ministres de la Santé qui se sont succédés. «Ce n'est pas normal que l'on change de ministre de la Santé tous les deux ans et que chacun d'entre eux rejette la responsabilité sur son prédécesseur», s'indigne-t-il. L'Intersyndicale organisera, mercredi 15 mai, un sit-in devant le ministère de la Santé.
A. H.
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