El-Oued - A la une

Les jeunes de la région prennent les choses en main



Les habitants de cette localité située aux portes du désert se donnent rendez-vous pour s'entraider à mettre en valeur pas moins de 150 maisons.Cela fait plus de 4 ans que les habitants de Négrine attendent la mise en valeur des potentialités touristiques que recèle la région située à 160 km à l'extrême sud de Tébessa. Cette localité qui se trouve aux portes du désert recèle plusieurs sites touristiques qui demeurent jusque là non exploités. Ces sites archéologiques découverts pour la plupart pendant la période coloniale témoignent que la région est empreinte d'une civilisation qui a marqué pour plusieurs siècles l'ensemble de l'Algérie.
Ainsi en 1928, un citoyen de la région de Négrine avait découvert à quelques encablures de la ville plus d'une trentaine de tablettes qui furent remises au directeur des Antiquités de l'Algérie à cette époque, Eugène Albertini, qui les avait déchiffrées et qui porteront son nom par la suite. Ce sont des actes notariés privés écrits en latin sur du bois du cèdre qui datent de l'époque vandale.
Actuellement, ces tablettes se trouvent au musée d'Alger. Quelques années auparavant, des ruines Ad Majores qui abritaient un camp romain furent découvertes au lieu-dit Henchir Besseriani à 5 km au sud de l'oasis de Négrine, sur le piémont saharien du massif reliant Tébessa et El Oued.
Alors que durant les années 1960 une mosaïque a été découverte par un passant à quelques kilomètres à la sortie de la ville. Après avoir frappé à toutes les portes et que les autorités locales aient tourné le dos à cette région qui servait autrefois de comptoir de commerce transsaharien entre Carthage et Timgad, ce sont ses jeunes qui ont décidé de prendre les choses en main en mettant en ?uvre certaines potentialités touristiques à commencer par les villages de Touta et de Ksar Négrine.
Une initiative prise par une association locale «Sauvegarde du patrimoine archéologique et promotion de la campagne» dont l'objectif était de préserver et restaurer les vestiges archéologiques de la région. Après que les autorités locales aient approuvé la concrétisation de cette idée ayant débuté avec une dizaine de jeunes, dont des artistes, des universitaires et autres.
En effet, chaque samedi, les habitants de cette localité située aux potes du désert en extrême sud de Tébessa dépourvue de toutes les commodités se donnent rendez-vous pour s'entraider à mettre en valeur ce qui compte plus de 150 maisons. Leur but est de faire de ce ksar un pôle d'attraction non seulement pour les habitants de Tébessa, mais aussi pour les visiteurs étrangers. Cette petite ville séculaire s'était organisée autour d'une petite oasis délaissée par ses habitants quelques années après l'indépendance.
Le dernier qui l'avait quittée était l'imam de sa mosquée dans les années 1980. L'opération qui a débuté il y a trois ans et qui consiste dans un premier temps à nettoyer les rues des décombres puis la réhabilitation des remparts qui protégeaient autrefois la ville puis la restauration des murs et plafonds à l'intérieur des maisons avant de passer au crépissage avec un torchis de terre.
Le jeune Lakhdar, artiste plasticien dira: «Par manque de moyens, la restauration avance lentement ; cela fait 3 ans que nous travaillons sur ce ksar sans l'aide de personne. La demande pour mettre en valeur ce village est déposée au niveau de la direction de la culture de Tébessa, mais jusque là nous n'avons rien reçu». Alors que d'autres jeunes vivent toujours dans l'espoir de voir un jour leur région transformée en un véritable pôle touristique, d'autres sont déçus.
Parmi eux il y a certains qui comptent quitter la région pour s'établir ailleurs. Il faut reconnaître que beaucoup reste à faire pour le développement touristique qui repose également sur la modernisation des infrastructures de base, notamment l'hôtellerie, les réseaux routiers et les structures aéroportuaires.
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