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Le parcours du combattant



Le parcours du combattant
Depuis leur inscription à l'AADL II, les souscripteurs sont dans l'attente « douloureuse » d'une convocation, le document vert qui leur permet de franchir la première étape pour l'acquisition d'un logement. Le rêve de tout Algérien. C'est un moment euphorique que de voir le facteur remettre ce document tant convoité. C'est même avec un plaisir immense que les souscripteurs, ayant reçu la fameuse convocation, se voient payer la première tranche, 210 000 DA pour les F3, ou 270 000 DA pour les F4. Dans l'angoisse donc, ils attendent le rendez-vous fixé par la direction de l'AADL, munis des documents exigés, pour le retrait de l'ordre de versement. Mais le jour du rendez-vous tant attendu, surprise : les bureaux, installés au niveau de la direction, à Saïd Hamdine, sont submergés de monde. Lundi dernier en tout cas, deux longues files s'étaient formées devant le portail d'entrée, l'une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Le moment d'euphorie suscitée par la réception de la convocation est vite passé. La dure réalité prend le dessus. La file des « convoqués masculins » s'est constituée très tôt le matin. A 8h, elle occupait déjà tout le trottoir et atteignait presque l'avenue. Les nouveaux arrivés ouvrent grand les yeux devant cette marée humaine qui ne cesse de s'amplifier. Devant le portail, des groupes de souscripteurs qui n'ont pas encore reçu de convocation se font et se défont au gré des réponses des... agents de sécurité. Ils exigent de savoir pour quelle raison ils n'ont pas reçu de convocation jusqu'à présent. Comme pour prouver qu'ils sont bel et bien souscripteurs, ils brandissent les cartons roses, des accusés de réception de la poste. Pour la énième fois, les agents leur expliquent que ce carton signifie juste que la direction a reçu leurs dossiers et non que ces derniers soient acceptés. « Le délai de réception des convocations est prolongé jusqu'au mois de janvier. Il faut patienter », ne cessent-ils de répéter. Les femmes convoquées semblent plus chanceuses, n'étant pas très nombreuses. Du côté des hommes en revanche, la patience devient une véritable vertu ! Sauf que le froid et l'orage de cette journée du lundi ne leur facilitent pas les choses. L'attente devient difficile. D'autant plus qu'ils sont conscients qu'ils seront obligés d'attendre encore à l'intérieur, dans des bureaux aménagés sous deux grands chapiteaux, ouverts des deux côtés, implantés dans la cour de la direction de l'AADL. Les agents sont chargés de réceptionner les convocations ainsi que les documents exigés avant d'inviter les souscripteurs à pénétrer dans les chapiteaux où des sièges occupent la grande partie de l'espace. Des bureaux sont aménagés juste en face avec tout autour, plus d'une dizaine d'employés en place depuis 8h du matin, pour délivrer les retraits de versement.Le moment d'euphorie passé...Sauf que l'octroi de ces convocations se fait attendre. Le chapiteau se remplit, les sièges sont déjà tous occupés tandis que les autres arrivés se tiennent debout. Les souscripteurs s'impatientent, se demandent pour quelle raison l'opération de délivrance des retraits de payement n'est pas encore enclenchée. Les employés également s'impatientent. Ils veulent en finir, ne plus être obligés d'attendre jusqu'à 20h pour rentrer chez eux. « Nous ne pouvons pas partir avant d'avoir octroyé les ordres de versement à tous les convoqués. Nous ne quittons pas nos postes avant 20h ces derniers temps. Nous dépendons du nombre des souscripteurs », expliquent-ils. Un rythme très difficile à suivre par un temps de froid pour eux, comme pour les souscripteurs. Ce lundi justement, la température ne dépassait pas les 12 degrés. Les rafales de vent accompagnées de pluie n'arrangeaient pas les choses. Le tout s'engouffrait par les deux ouvertures des chapiteaux. Aucune prestation de service, ni pour les employés ni pour les souscripteurs. Mêmes les sanitaires sont fermés. Sous les chapiteaux, chacun se réchauffe comme il peut. L'une des employées, une femme enceinte de 6 mois, confie avoir peur de tomber malade. « Si on bouge d'ici, c'est une mise à pied à coup sûr. Aucun traitement de faveur ici. Tout le monde est traité de la même façon », souligne-t-elle. Elle explique également que le retard dans l'octroi des retraits des ordres de versement est purement administratif. « Les dossiers déposés aujourd'hui à l'entrée passent d'abord par une commission afin de vérifier que les documents nécessaires sont disponibles. Puis, on achemine les dossiers à notre niveau », précise-t-il, signalant que cette procédure est récente. A 9h30, en effet, les dossiers atterrissent enfin sur les bureaux. On commence à appeler les présents. Ces derniers sont aux aguets. D'autant plus que, dans le chahut, ils ont du mal à entendre leurs noms. Les employés doivent crier à plusieurs reprises pour se faire entendre. Une fois l'ordre de versement en poche, les souscripteurs semblent oublier les « désagréments » de leur convocation. C'est avec le sourire qu'ils quittent le chapiteau. Sauf qu'ils ne savent pas encore que pour payer la première tranche, au niveau de la banque CPA, ils devront faire preuve aussi de patience. Car dans certaines agences, celle de Bab El Oued notamment, d'autres files d'attente attendent les nouveaux « payeurs ». Et là, dans ces files qui semblent interminables, on pense au moment où on devra remettre le reçu de payement à l'AADL, à partir du mois de février. Ce qui stipule d'autres files d'attente en perspective ! Un parcours vrai du combattant pour un ordre de versement !


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