El-Oued - A la une

Le challenge climatique qui attend le pays



Le challenge climatique qui attend le pays
Quels enseignements tirer des intempéries exceptionnelles qui se sont abattues sur le pays depuis quelques jours et des désagréments qu'elles ont provoqués sur le quotidien des Algériens ' C'est, sans doute, la question qu'il convient de se poser une semaine et 16 décès après l'installation de ce froid sibérien dans toutes les régions du pays, alors que l'on annonce une normalisation progressive pour les jours à venir. Le point de situation provisoire établi par la Gendarmerie nationale n'est pas très reluisant pour un pays qui dispose de tous les moyens pour se prémunir contre ce genre de risques, surtout que les perturbations avaient été annoncées suffisamment à l'avance pour que des précautions soient prises à temps. S'il est parfaitement compréhensible que dix personnes aient trouvé la mort sur les routes (peut-être beaucoup plus en raison de l'inconscience des automobilistes que des aléas climatiques) ou que des citoyens périssent encore à cause des émanations d'oxyde de carbone (encore que les pouvoirs publics ne soient pas exempts de tout reproche), il n'est, en revanche, pas normal que des écoles soient fermées, que des écoliers soient contraints d'aller dans des classes encore dépourvues de chauffage ou que des axes routiers soient coupés à la circulation à cause des chutes de neige ou de pluie dont les quantités ne sont en rien comparables à celles que des pays d'Europe connaissent en ce moment même. Est-il acceptable que dans l'Algérie de 2012, le transport ferroviaire de voyageurs et de marchandises soit interrompu pour cause d'amoncellement de neige sur les rails ou que l'alimentation en électricité et en gaz soient perturbée alors que depuis dix longues années, ces deux secteurs (pour ne citer que ces exemples) ont bénéficié de nombreux projets de développement et de très lourds investissements ' Il ne s'agit pas ici d'une vague contrée perdue dans l'immensité africaine ou sud-américaine que n'importe quel aléa climatique met dans la gêne, mais d'un des plus grands pays d'Afrique, doté d'importantes ressources humaines et financières. Comment admettre alors que des années après les inondations de Ghardaïa et celles de Bab El Oued, du tremblement de terre de Aïn Témouchent et d'autres catastrophes naturelles qui avaient frappé le pays, l'Algérie en soit réduite à réagir à l'événement plutôt qu'à le prévenir ' Les spécialistes du monde entier préviennent, en raison du réchauffement climatique, que les années qui viennent s'annoncent plus dures pour la population mondiale, et il faudra s'attendre à des perturbations majeures, comme les phénomènes climatiques extrêmes (tempêtes, précipitations abondantes, sécheresse), l'instabilité des saisons et la montée du niveau de la mer. Lesquels produiront, évidemment, des désordres socioéconomiques qui menaceront jusqu'à la sécurité alimentaire. L'Algérie sera-t-elle fin prête pour y faire face ou continuera-t-elle à compter juste sur les sapeurs-pompiers et les chasse-neige '
S. O. A.
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