El-Oued - A la une

"La tutelle bloque le dialogue"



Les problèmes de l'université sont légion. Le malaise s'est enraciné, d'où d'ailleurs la grève de trois jours initiée par le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) qui menace de revenir à la charge au mois de janvier prochain. Dans ce bref entretien le coordinateur national du Cnes revient sur les problèmes des enseignants, leurs revendications, et pointe un doigt accusateur en direction du ministre accusé de bloquer le dialogueLes problèmes de l'université sont légion. Le malaise s'est enraciné, d'où d'ailleurs la grève de trois jours initiée par le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) qui menace de revenir à la charge au mois de janvier prochain. Dans ce bref entretien le coordinateur national du Cnes revient sur les problèmes des enseignants, leurs revendications, et pointe un doigt accusateur en direction du ministre accusé de bloquer le dialogueMidi Libre : le malaise à l'université semble très préoccupant 'Abdelmalek Rahmani : le marasme à l'université est profond. Il est même très profond. Actuellement, il y a un flou total. Et ce qui nous fait le plus mal c'est que la tutelle semble avoir tourné le dos au dialogue. En fait, il y a une rupture totale du dialogue et de la concertation et le sit-in d'aujourd'hui (l'entretien a eu lieu le jour du sit-in du Cnes mardi NDLR) l'a amplement démontré.Ainsi le ministre n'était pas présent dans son bureau et donc pas du tout disponible à nous recevoir. Les problèmes dont souffre l'université, qui se sont accumulés durant de nombreuses années, vont encore s'amplifier du moment qu'il n'y a aucune solution proposée par la tutelle. Pour nous donc, soit il y a une manipulation derrière tout cela, soit le ministre n'a rien compris à la gestion de ce ministère.Quelles sont les revendications du Cnes 'Elles sont nombreuses, en vérité. Il y a quelque 35.000 enseignants, sur un ensemble de 55.000, qui n'ont pas de logement. Le ministre parle de 3.500 logements en chantier et cela dure depuis 2002. On a juste atteint un taux oscillant entre 13 et 15 % seulement. Le problème essentiel sur ce plan concerne les régions intérieures et sahariennes qui souffrent le plus. Je ne veux pas parler des wilayas du Nord ou l'on invoque souvent comme parade le problème du foncier, car même dans les autres wilays où ce problème ne se pose pas on n'a rien vu venir.C'est une honte et il faut des décisions fortes et courageuses pour que ce problème ne déstabilise pas l'université. Nous, on a proposé des solutions, à l'exemple des crédits, mais cela n'a eu aucun écho. Le ministre parle aussi de certaines mesures qui sont, de notre point de vue, unilatérales. On veut aussi parler du lourd dossier de la gestion des carrières et le problème des promotions car depuis 1962 le problème est posé. Il est inadmissible que l'enseignant enseigne durant 30 années sans qu'il y ait un avancement dans sa carrière professionnelle.Quelquefois il suffit d'une publication dans une revue scientifique et encore ou même une quelconque proximité avec l'administration, pour que l'enseignant bénéficie d'une promotion. C'est une honte car ce n'est pas normal. En fait la seule revendication que l'on aimerait voir aboutir rapidement, c'est le partenariat. On a rencontré le ministre le 13 septembre dernier et d'un commun accord on a décidé de redynamiser les commissions mixtes en charge des dossiers lourds, dont celui de la gestion, le logement et le problème de l'arbitraire. Mais en contrepartie on fait face à une véritable campagne puisque des enseignants sont poursuivis en justice ou traduits devant les commissions paritaires. Les syndicalistes sont harcelés.A ce propos, il y a des recteurs qui ne reconnaissent même pas les sections syndicales. Au Cnes on veut aborder les vrais problèmes de l'université et de l'enseignant. Il y a des spécificités et on ne peut comparer entre les universités d'El Oued ou Béchar avec l'université de Bab Ezzouar. On ne peut comparer donc entre des universités du moment qu'elles n'ont pas les mêmes potentialités humaines et matérielles.Est-ce que le ministre a fait preuve de volonté pour l'ouverture d'un dialogue avec le Cnes 'Au Cnes on veut ouvrir un dialogue sérieux avec le ministère. On dit non à la fuite en avant et les déclarations destinées juste à la consommation médiatique. Le ministre de l'Enseignement supérieur semble avoir sa propre vision du partenariat et il veut nous l'imposer. On n'accepte pas cette démarche.La manière de travailler ensemble doit être concertée, nous devons dégager ensemble les moyens de travail. Sincèrement on n'a pas compris pourquoi il bloque le dialogue. Apparemment il veut un dialogue selon sa vision, mais nous on veut un dialogue élaboré par les deux parties. Nous, on veut nos droits et uniquement nos droits.Midi Libre : le malaise à l'université semble très préoccupant 'Abdelmalek Rahmani : le marasme à l'université est profond. Il est même très profond. Actuellement, il y a un flou total. Et ce qui nous fait le plus mal c'est que la tutelle semble avoir tourné le dos au dialogue. En fait, il y a une rupture totale du dialogue et de la concertation et le sit-in d'aujourd'hui (l'entretien a eu lieu le jour du sit-in du Cnes mardi NDLR) l'a amplement démontré.Ainsi le ministre n'était pas présent dans son bureau et donc pas du tout disponible à nous recevoir. Les problèmes dont souffre l'université, qui se sont accumulés durant de nombreuses années, vont encore s'amplifier du moment qu'il n'y a aucune solution proposée par la tutelle. Pour nous donc, soit il y a une manipulation derrière tout cela, soit le ministre n'a rien compris à la gestion de ce ministère.Quelles sont les revendications du Cnes 'Elles sont nombreuses, en vérité. Il y a quelque 35.000 enseignants, sur un ensemble de 55.000, qui n'ont pas de logement. Le ministre parle de 3.500 logements en chantier et cela dure depuis 2002. On a juste atteint un taux oscillant entre 13 et 15 % seulement. Le problème essentiel sur ce plan concerne les régions intérieures et sahariennes qui souffrent le plus. Je ne veux pas parler des wilayas du Nord ou l'on invoque souvent comme parade le problème du foncier, car même dans les autres wilays où ce problème ne se pose pas on n'a rien vu venir.C'est une honte et il faut des décisions fortes et courageuses pour que ce problème ne déstabilise pas l'université. Nous, on a proposé des solutions, à l'exemple des crédits, mais cela n'a eu aucun écho. Le ministre parle aussi de certaines mesures qui sont, de notre point de vue, unilatérales. On veut aussi parler du lourd dossier de la gestion des carrières et le problème des promotions car depuis 1962 le problème est posé. Il est inadmissible que l'enseignant enseigne durant 30 années sans qu'il y ait un avancement dans sa carrière professionnelle.Quelquefois il suffit d'une publication dans une revue scientifique et encore ou même une quelconque proximité avec l'administration, pour que l'enseignant bénéficie d'une promotion. C'est une honte car ce n'est pas normal. En fait la seule revendication que l'on aimerait voir aboutir rapidement, c'est le partenariat. On a rencontré le ministre le 13 septembre dernier et d'un commun accord on a décidé de redynamiser les commissions mixtes en charge des dossiers lourds, dont celui de la gestion, le logement et le problème de l'arbitraire. Mais en contrepartie on fait face à une véritable campagne puisque des enseignants sont poursuivis en justice ou traduits devant les commissions paritaires. Les syndicalistes sont harcelés.A ce propos, il y a des recteurs qui ne reconnaissent même pas les sections syndicales. Au Cnes on veut aborder les vrais problèmes de l'université et de l'enseignant. Il y a des spécificités et on ne peut comparer entre les universités d'El Oued ou Béchar avec l'université de Bab Ezzouar. On ne peut comparer donc entre des universités du moment qu'elles n'ont pas les mêmes potentialités humaines et matérielles.Est-ce que le ministre a fait preuve de volonté pour l'ouverture d'un dialogue avec le Cnes 'Au Cnes on veut ouvrir un dialogue sérieux avec le ministère. On dit non à la fuite en avant et les déclarations destinées juste à la consommation médiatique. Le ministre de l'Enseignement supérieur semble avoir sa propre vision du partenariat et il veut nous l'imposer. On n'accepte pas cette démarche.La manière de travailler ensemble doit être concertée, nous devons dégager ensemble les moyens de travail. Sincèrement on n'a pas compris pourquoi il bloque le dialogue. Apparemment il veut un dialogue selon sa vision, mais nous on veut un dialogue élaboré par les deux parties. Nous, on veut nos droits et uniquement nos droits.


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