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La société algérienne mangée par la violence



La société algérienne mangée par la violence
La violence est devenue (presque) banale en Algérie. Une violence d'ailleurs de tous les moments, en tous lieux. Au point que, durant ce mois de ramadhan, 50.000 policiers, en plus des gendarmes, sont déployés dans les grandes villes et les entités semi-urbaines pour parer à ce phénomène en hausse constante. Les assassinats, les bagarres qui se terminent en homicide, les batailles rangées entre groupes urbains ont fait que l'insécurité règne dans nombre de quartiers des grandes villes du pays. Pis, certains quartiers sont devenus pratiquement infréquentables. Depuis le début du mois de ramadhan, plusieurs crimes et homicides, volontaires ou non, sont signalés dans certaines régions du pays. Le cas le plus significatif est celui de la localité de Besbes, dans la wilaya de Tarf, où un militaire a tué d'un coup de couteau son frère, à moins de 15 minutes de l'Iftar.Des cas pareils, malheureusement, sont en train de prendre de l'ampleur durant ce mois de ramadhan, donnant des contours hallucinants à un phénomène qui s'empare insidieusement de la société algérienne. On avance déjà un chiffre inquiétant : 15 personnes sont mortes de façon violente depuis le début de ce ramadhan. Des questions se posent certes, qui ont une relation étroite avec l'état actuel de la société algérienne. Le stress, la pauvreté, l'inégalité des chances devant l'emploi, le logement, la drogue, l'accès à la santé, la précarité sociale et la sécurité tout court sont autant de raisons explicatives de cet état pratiquement délictuel dans lequel les jeunes Algériens baignent.La répression ne suffit pas ou n'est pas l'antidote à un état d'esprit qui a pris de court les autorités comme les universitaires et chercheurs, chargés de dépister ce phénomène et le solutionner. Dans presque toutes les grandes villes du pays des bandes organisées ont adopté comme moyen de défense des sabres, de longs couteaux et même parfois des armes à feu. Il y a quelques années, une bataille rangée entre deux bandes rivales, munies de sabres, a fait frémir les policiers chargés de rétablir l'ordre. Comme dans les films hollywoodiens, les deux bandes, celle de Bab El Oued et celle de Diar El Kef, la cité de recasement de Triolet, se sont affrontées durant toute la nuit.Cette violence urbaine, qui a remplacé le terrorisme, est devenue en fait un fléau social qui est en train d'échapper progressivement à la vigilance des services de sécurité. En fait, il y a déjà quelques années que ce fléau s'est hélas durablement installé dans la société algérienne. Violence dans les stades, dans la rue, au travail, au sein même des familles avec des statistiques morbides et horribles rien que durant le premier semestre 2015. Le phénomène est tellement en hausse constante qu'il n'émeut plus personne. Simple fait divers, ce regain de violence sur fond de crimes horribles et assassinats est également à corréler avec l'expansion des drogues dures, des psychotropes que de la résine de cannabis tout simplement.Le fait est que la violence en Algérie est en train de franchir des seuils intolérables, dangereux, sans que, dans le même temps, les clignotants ne se déclenchent. Les services de sécurité, qui ont la lourde mission de juguler à défaut d'y mettre un terme, ont un rôle capital dans la gestion de ce risque de destruction de la société algérienne. Ils en ont les moyens, la capacité, et c'est leur mission : protéger le citoyen contre toute menace pour sa personne et ses biens. Quant à notre parler quotidien, usuel, où les mots violents baignent, il a besoin en urgence d'un formatage en profondeur.


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