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La nouvelle en débat



La nouvelle en débat
C'est devant une assistance relativement nombreuse que des universitaires algériens se sont succédé sur la tribune pour donner leurs approches sur la nouvelle.Un genre, certes, bien exploité en Algérie mais, hélas, peu lu par les lecteurs. Pour le romancier Nourredine Sâadi, la nouvelle est un genre ancien qui remonte au Moyen-Age français. A cette époque-là, les textes publiés étaient courts et distribués gratuitement sur les places publiques, notamment sur les marchés. Ce n'est qu'au XVIe siècle que la nouvelle est devenue un genre à part entière. «Ce morceau de mémoire, dit-il, ayant pour origine les fables diffusées dans les marchés, est apparue comme quelque chose de concentré et un message qu'on va délivrer.» Pour Noureddine Sâadi, la nouvelle est avant tout une économie narrative, où l'on utilise peu de mots avec une chute qui éclaire le lecteur sur ce qui est dit. Il indique que la plupart des romanciers ont écrit des nouvelles.
Certains se sont même lancés dans la nouvelle entre deux romans. L'universitaire est convaincu que la nouvelle n'est pas rattachée à une thématique. La nouvelle apparaît comme quelque chose de concentré et comme un message qu'on va délivrer pour dire quelque chose. Toujours selon l'écrivain, les années 70 ont été fécondes en matière de nouvelles. Preuve en est, la revue, Promesse a été d'un apport appréciable dans l'éclosion de plumes élégantes, à l'image de Rachid Mimouni ou encore de Tahar Djaout. La nouvelle a été, pour certains écrivains, un exercice obligé. De son côté, la romancière et nouvelliste Leïla Hamoutène, estime que de par son expérience, la chute de la nouvelle est ce qui fait son intérêt. La nouvelle permet de mettre un mot sur un sentiment et la personnalité de l'un des personnages.
«Dans la nouvelle, dit-elle, on n'a pas besoin d'analyser une situation, un sentiment, contrairement au roman, où on doit approfondir le thème et le diversifier. La nouvelle focalise sur un point de vue. La nouvelle n'est pas forcément courte. La nouvelle me permet de parler de choses que je n'ai pas abordées dans le roman», dit-elle. Pour sa part, le romancier et nouvelliste arabophone d'El Oued, Bachir Khalef, avoue que la nouvelle n'est pas facile à rédiger. Il s'est, dès lors, posé plusieurs questions, dont, entre autres : «La nouvelle est-elle revenue ' La nouvelle serait-elle un genre littéraire en crise '» De l'avis du conférencier, la nouvelle existe.
Elle occupe une place de choix, comme en témoigne cette pluralité d'excellents nouvellistes. De son côté Leïla Hamoutène estime que de par son expérience, la chute de la nouvelle, c'est ce qui fait son intérêt. La nouvelle permet de mettre un mot sur un sentiment et sur la personnalité de l'un des personnages. «Dans la nouvelle, dit-elle, on n'a pas besoin d'analyser une situation, un sentiment, contrairement au roman où on doit approfondir le thème et le diversifier.» Nouvelle est, également, présente en force dans les revues spécialisées ainsi que dans les concours et festivals internationaux. Le nouvelliste Mohammed Djafaar rappelle qu'au cours de ces dernières années, la nouvelle a été sujette à une forte évaluation en Algérie. Il estime que toute nouvelle doit être lue et qu'il existe plusieurs catégories de nouvelles.
A l'opposé, des autres intervenants, la romancière n'a pas mâché ses mots pour affirmer que certains auteurs ne font pas preuve de professionnalisme puisqu'«ils publient leurs ouvrages notamment sur Facebook. On retrouve même des critiques sur ce réseau social», argue-t-elle. Si elle constate que la nouvelle est de retour, elle se désole, cependant, du manque de critique et de la marginalisation de la nouvelle dans le milieu universitaire.
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