La tension a atteint son paroxysme au niveau du marché Ali-Mellah, situé à la place du 1er-Mai, avec le début de l'opération de déménagement des étals des vendeurs informels. Une mission aussi délicate qu'embarrassante pour les autorités locales.
Des échauffourées ont failli même éclater entre services de sécurité et les vendeurs à maintes reprises. Les jeunes vendeurs de divers produits alimentaires et vestimentaires ont tenté de résister dans les premiers temps. Ils ne veulent pas quitter les lieux. C'est leur gagne-pain. L'opération, pour rappel, s'inscrit dans le cadre de l'éradication de l'informel. Elle a été enclenchée, il y a plus de deux mois. Des vendeurs que nous avons apostrophés à ce sujet n'ont pas caché leur colère. Une colère qui résume aussi leur détresse. Beaucoup d'entre eux disent qu'ils sont certains que «l'Etat ne prendra pas en charge leurs problèmes, à l'image des marchés déjà nettoyés, comme ceux de Bachdjarah, Bab El-Oued et Birkhadem...». Les vendeurs du marché Ali-Mellah évoquent leur situation sociale puisque pour eux l'opération «nettoyage», est une action irréversible. Ils ne peuvent désormais rien faire devant la force publique. Leur avenir est des plus lugubres. «On est environ plus de 150 commerçants illégaux dans ce marché et la majorité des vendeurs sur cet espace nourrissent des familles entières. C'est notre seule source de vie», a dit Amar, un jeune vendeur qui exerce ce métier depuis plus de 10 ans, dans ce marché. «Ils ont fermé mon commerce, je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas où aller», déplore un autre commerçant. «Je suis obligé de faire vivre ma famille, l'Etat nous pousse à la harga», nous dit Hamza son voisin d'étal. «Pourquoi n'a-t-on pas pensé à la création d'emplois avant la lutte contre l'informel'» La majorité des vendeurs interrogés, ne sont pas contre l'éradication de l'informel. par ailleurs, ils précisent que le problème ne se pose pas là, mais le fait est que l'Etat n'a pas pensé aux pauvres commerçants, avant de les priver de leur boulot, source de la nourriture, et de ne pas avoir réservé d'autres places temporaires, le temps d'étudier leur dossier, et faire des recensements et régler définitivement leur situation. En d'autres termes, les vendeurs illégaux du marché Ali-Mellah cherchent seulement une solution qui arrangerait tout le monde et sont prêts à collaborer avec l'Etat pour éradiquer l'informel. Désormais la balle est dans le camp des pouvoirs publics. Dans les milieux des clients de ce marché, les avis divergent entre les partisans de l'éradication et ceux qui voient d'un mauvais 'il cette opération. «Ces commerçants reviendront sous d'autres formes et sous d'autres cieux, ils parasiteront les alentours des villes», fera remarquer un citoyen. Selon lui, cette initiative démontre le manque de clairvoyance de l'Etat. Les responsables, sans réfléchir aux conséquences, incitent éventuellement les jeunes à devenir oisifs et à s'adonner au vol, voire à se transformer en dealers qui vont occuper les cages d'escalier de nos immeubles. «Ces jeunes n'ont désormais pas où aller et seront livrés à la merci des fléaux sociaux», regrette notre interlocuteur. En fait, une solution idoine aux marchés informels s'impose afin que l'Etat mène à bon port cette opération de «nettoyage».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salim Sid Idris
Source : www.lnr-dz.com