Photo : S. Zoheir
Par Karima Mokrani
Depuis le temps que les autorités communales de Belouizdad, dans la capitale Alger, parlent de l'aménagement du marché T'nach, de façon à élargir la surface commerciale et offrir plus d'espace et de produits aux nombreux habitants du vieux quartier populaire, et autres passagers, rien n'est fait. Le marché est dans un piteux état. Il l'est depuis plus d'une quinzaine d'années. Et il n'est pas le seul.
Les citoyens à travers le pays ne croient plus aux promesses des responsables locaux de changer les choses. Encore moins celles des plus hautes autorités de l'Etat, les ministres en tête. Cela, pour la simple raison qu'ils décident derrière leurs bureaux sans avoir une connaissance étendue du terrain, relèvent des citoyens. Très souvent, les rapports qui leur sont remis par leurs subalternes ne reflètent pas la réalité de la situation examinée, et l'absence de dialogue avec les parties concernées n'est pas pour faire avancer les choses. Les Covilles installés dans les quartiers sont très peu efficaces parce qu'ils ne vont pas au fond des choses. Les comités de quartiers et autres associations ne se manifestent qu'en des occasions rares, principalement lors des rendez-vous électoraux, non pour parler sincèrement des problèmes concernant la collectivité locale mais pour se frayer un chemin vers une partie de la rente. Les concepts de citoyenneté, droit et devoir perdent tout leur sens devant la recherche du gain rapide. L'absence de dialogue, de débat constructif, d'échanges d'idées et d'expériences concernant les projets de la collectivité et, bien sûr, ensuite, les projets de tout le pays, hypothèquent sérieusement toutes les initiatives allant dans le sens du changement et du développement véritable de toute une nation.
Le rejet de l'autre dans la gestion de la cité. Et dans tout cela, les responsables à tous les niveaux continuent de faire des promesses et des engagements à court, moyen et long terme, confortés par des études et des chiffres qui sont loin de convaincre leurs vis-à-vis.
Le ministre du Commerce, Mustapha Benbada, est revenu récemment sur la question portant sur l'aménagement des marchés de proximité et l'organisation des marchés hebdomadaires. Il a tenu une rencontre avec les walis et leur a demandé d'exprimer leurs besoins en équipements commerciaux pour mettre à exécution son nouveau plan d'urbanisme commercial. Ce dernier devant être «en harmonie avec le Schéma national d'aménagement du territoire (Snat) et dans le cadre des instruments locaux d'urbanisme», a-t-il dit. Le ministre a longuement insisté pour que les nouveaux espaces prévus dans ce plan répondent aux normes internationales en matière de sécurité et de salubrité. Il a recommandé une implication plus efficace des agents de contrôle de l'activité commerciale mais aussi de ceux qui activent au sein des bureaux d'hygiène communaux. Décisions, suggestions,recommandations'rien de nouveau. C'est du déjà vu et du déjà entendu.
La seule nouveauté, c'est qu'un Premier ministre a été remplacé par un autre et ce dernier occupe le poste pour la première fois. Il est nouveau Premier ministre pour un programme gouvernemental qui n'est pas nouveau. Le programme est le même, les moyens aussi. C'est la méthode de travail qui change désormais, laissent-ils entendre, lui et ses camarades au sein du gouvernement. Les citoyens
attendent pour voir Marchés informels Récemment, une opération d'éradication des marchés informels a été lancée dans différents quartiers de la capitale et dans pratiquement toutes les autres wilayas du pays. Comme par miracle, elle a donné des résultats globalement satisfaisants, alors que dans un passé récent, la même opération s'est conclue par un échec cuisant.
Confrontés à une opposition farouche des jeunes chômeurs versés dans ce commerce, les autorités locales ont vite fait de renoncer à leur démarche et ont cédé du terrain aux marchands en colère.
L'éradication du marché informel n'est pas chose facile pour qu'elle se fasse en très peu de temps, avec peu de moyens et sans solutions alternatives pour les centaines de milliers de familles qui vivent de cela. Après un répit de quelques mois, les mêmes services, représentants les pouvoirs publics, sont revenus à la charge, cette fois-ci avec le soutien déclaré des hauts responsables au niveau du
gouvernement. Ces derniers ayant promis de «caser» tous ceux qui ont perdu leurs kiosques et/ou étals. «Nous nous sommes engagés à leur trouver des espaces ailleurs. Nous avons longuement discuté avec leurs représentants et nous les avons convaincus de la justesse de notre démarche», indique un représentant de l'APC de Bab El Oued. Et ce dernier de poursuivre: «La plupart d'entre eux possèdent des commerces légaux et engagent d'autres dans l'informel pour écouler leurs produits. C'est cela qui complique la tâche pour nous. Sinon, pour les autres, nous avons les moyens de les placer ailleurs.» En apparence, l'opération est en train d'aboutir progressivement malgré sa difficulté. C'est peut être à cause des élections locales, pour lesquelles l'Etat est engagé avec de grandes sommes d'argent, en plus des fonds mobilisés par les candidats eux-mêmes et ceux qui les soutiennent. Beaucoup d'argent pour acheter des voix et «corrompre» des citoyens. C'est donc juste une accalmie de courte durée, le temps que les élections passent et peut être après elles, la révision de la Constitution et autres rendez-vous politiques jugés de grande importance.
Difficile de croire en l'aboutissement de ces projets, annoncés en grandes pompes par les responsables politiques, notamment ceux qui portent sur l'éradication du marché informel et l'aménagement d'espaces commerciaux, censés répondre aux normes internationales. Car ni l'Etat ni les citoyens ne sont suffisamment préparés à un tel changement. L'inflation, l'augmentation effrénée des prix des produits de large consommation'et l'absence de contrôle véritable de l'activité commerciale vont à l'encontre de toutes les déclarations optimistes et rassurantes des représentants du gouvernement.
La communication d'abord Dans moins d'un mois, de nouveaux maires seront «élus» pour prendre les commandes de la Cité. Tous promettent des changements rapides et efficaces et souhaitent une adhésion massive des citoyens à leurs politiques et leurs programmes. Pessimistes, de nombreux citoyens affirment qu'il n'y aura point de changement si ce n'est que la situation ira de mal en pis. Le changement, insistent-ils, passent par l'ouverture des canaux de communication à tous les niveaux et non par un dialogue à sens unique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K M
Source : www.latribune-online.com