
Le tourisme se révèle, chaque fois que l'économie nationale traverse une passe difficile, sous les contours et l'aspect d'une activité alternative. On se tourne vers elle comme vers un trésor trop longtemps oublié et négligé. L'Algérie, de par la diversité de ses paysages, la richesse de son patrimoine et de sa culture (près d'une dizaine de sites sont inscrits au patrimoine mondial de l'humanité), peut faire valoir ses prétentions et afficher des ambitions légitimes. On se rend aisément compte que toutes ses richesses sont peu valorisées et sous-exploitées. L'option de l'Algérie durant les deux décennies qui ont suivi l'indépendance pour une économie basée sur l'industrie et sa méfiance pour une forme de tourisme qui a servi mais défiguré de nombreux pays explique son classement peu enviable dans le tableau des destinations. Avec l'agriculture, le tourisme pouvait pourtant être l'une des locomotives de l'économie de l'après-pétrole que tout le monde appelle de ses v?ux.Progrès visiblesIl faut, toutefois, reconnaître que les pouvoirs publics n'ont pas attendu la récente baisse des recettes en hydrocarbures pour favoriser les investissements en matière de construction d'infrastructures touristiques. Le privé a drainé d'importants capitaux vers ce secteur où se multiplient les zones d'aménagement et d'expansion touristiques. Les dernières ont été créées par décret en mars dernier dans les wilayas d'Adrar, El Oued et Biskra. L'inauguration d'hôtels se fait à tour de main. De nombreuses villes sont désormais dotées, à l'exemple de Constantine où a été inauguré un Marriott, d'hôtels de standard international. De nombreux complexes construits dans les années 70 ont été rénovés. A travers les wilayas côtières et sahariennes, le secteur se retrouve au centre des préoccupations des gestionnaires locaux. Ces derniers semblent également favoriser et soutenir l'émergence d'une économie de loisirs. Elle se traduit par l'ouverture de parcs, d'espaces combinant activités commerciales et détente. La participation de l'Algérie aux salons consacrés au tourisme a amélioré la visibilité de notre pays. Sur le plan de la communication, il se trouvait largement distancé par des pays comme la Tunisie ou l'Egypte. Aujourd'hui, sans avoir rattrapé son retard en termes de capacités d'accueil qui restent en deçà des besoins, le pays a fait de grands progrès. L'effort est porté davantage vers la formation et l'amélioration des prestations de services.Le salut de l'artisanatLe climat d'insécurité qui sévit au Sahel frappe de plein fouet l'activité touristique dans la région du Tassili-Hoggar, naguère destination très prisée par les touristes étrangers. Djanet et Tamanrasset souffrent de cette situation qui pénalise une activité qui faisait vivre nombre de familles. Ghardaïa, vantée par tous les dépliants, est désertée. Mais le Sahara algérien est vaste et des cités comme Timimoun ou Béni Abbès, qui conservent encore leurs attraits, ne sont nullement boudées. Le tourisme maintenait surtout vivant un artisanat qu'il serait inconcevable de développer sans flux touristique. Ce dernier peut être aussi dans le court et moyen terme alimenté par les Algériens. Ils peuvent partir à la conquête d'un pays qui a les dimensions d'un continent. Peu d'entre eux connaissent le Tassili, les splendeurs de Tlemcen et les charmes de la côte de Kabylie. Le slogan en vogue « consommons algérien » pourrait y trouver un terrain idéal d'application. A travers des mesures comme le maintien depuis des années des fonds de solidarité pour le tourisme et l'artisanat et des facilités octroyées à tous les intervenants, l'Etat a mis en place un dispositif de nature à donner une réelle impulsion au tourisme.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : H Rachid
Source : www.horizons-dz.com