D'abord, j'ai décidé, avant de mettre en page cette chronique, de dire et de faire amende honorable en disant à chacun : «Je jure que je mens.» Alors, commençons par ce gros mensonge qui est celui d'un rêve. Dans mon rêve, j'ai reçu un courrier dans lequel j'ai relevé quelques phrases portant sur la révision de la Constitution. Je me rappelle néanmoins le préambule. Il est spécifié «qu'à partir de ce jour, nul n'est au-dessus de la loi ! Nul ne peut attenter à la dignité ou à l'intégrité de quiconque ! Nul ne peut se prévaloir de sa fonction, pour s'octroyer de quelconques privilèges ! Nul ne peut se prévaloir de ses antécédents révolutionnaires, ou de ses prétendus antécédents révolutionnaires, pour s'arroger des droits. Ceux qui ont participé à la Révolution ne l'ont pas fait pour avoir plus de droits que leurs compatriotes. Nul ne peut invoquer la religion, pour contraindre quiconque à faire, ou à ne pas faire ce qu'il ne veut pas faire. Seule la loi est habilitée à cet effet ! Ce qui est interdit et ce qui est permis sont définis par la loi ! Nous prêtons solennellement le serment de respecter ces engagements que nous rendons publics, de mener à bien les missions provisoires que nous nous sommes assignées, et de rendre tous nos pouvoirs au futur chef de l'Etat, qui sera désigné par les grands électeurs, dans une année, à compter de ce jour. Nous demandons pardon au peuple algérien de l'avoir pillé, de l'avoir broyé et de l'avoir fait souffrir. Nous demandons pardon aux chouhada d'avoir trahi le serment que nous leur avons donné. Nous prions Dieu Tout-Puissant d'avoir pitié de nous. Au verso de ce courrier, un autre message portant le chiffre «quatre». Je n'ai pas compris. J'avais, toujours dans mon rêve, fait travailler mes neurones pour déchiffrer ce message. Je suis arrivé à cette déduction : les quatre points cardinaux, les quatre saisons, les quatre fléaux, les quatre-quarts, les Quatre-Horloges de Bab El-Oued, les quatre cents coups, les quatre chemins, les quatre chevaliers de l'apocalypse, les quatre mousquetaires, les quatre éléments, les quatre filles du Docteur March, les quatre madhaheb de l'islam, les quatre semaines du mois, et autres cheveux coupés en quatre... Ce dont il est peut-être question ici, est le quatrième mandat, pour le Président. Ah ! Si au moins nous étions chrétiens, et si nous pouvions, nous aussi, nous signer quatre fois, en disant : Mon Dieu, faites que le premier (ma tête), puisse remplir mon second (mon ventre), sans fatiguer celui-ci (mon bras gauche), ni celui-là (mon bras droit). Amen. Mon Dieu, faites que lorsque nous serons admis à Votre Saint Paradis, nous restions entre nous, entre nos amis d'en haut, de Hydra et du Club des lapins, loin, loin des villages taras gourbi, Ya Rabi. Je jure que je mens. Enfin, de quoi je me mêle ' Khelli l'bir beghtah.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R Khazini
Source : www.infosoir.com