
La commune de Bab El Oued, de concert avec une association, tient jusqu'au 20 janvier un festival du souk. Que peut représenter une telle manifestation, une première du genre initiée dans ce quartier populeux de la capitale ' On avait pensé que nos édiles préparaient quelque chose d'inédit et d'original pour permettre à la ménagère de faire de petites bonnes affaires.On se serait dit que les initiateurs tenaient à installer des pavillons qui sortent un peu de l'ordinaire aux yeux des administrés. On avait cru que le chapiteau dressé sur l'esplanade Mira allait accueillir un négoce particulier et profiter aux visiteurs. N'est-ce pas qu'un festival suppose une série de représentations, de présentation d'ateliers, de tables rondes, de rencontres de sensibilisation autour des thématiques en relation avec l'intitulé.Et dans ce festival du souk, où le vendeur a cette opportunité de présenter son produit au chaland, une forte implication d'associations de consommateurs était tout indiquée. Nenni. Rien de tout cela, sinon un ramassis de produits de pacotille et de la chiffe exposés par les pavillonnaires qui n'ont pas réussi à les écouler ailleurs de la confiserie de bas étage et un espace-jeu pour enfants aussi. A dire vrai, le mot «festival» est un bien grand mot pour une braderie dont le terme sied davantage à ce tohu-bohu commercial, dont le prix d'accès était fixé à 10 DA.L'on s'interroge sur l'intérêt d'une pareille agitation bruyante commerciale abêtissante et de bas de gamme qui s'apparente plutôt à un squat de l'esplanade pour tout juste occuper la ménagère curieuse de rallier avec sa marmaille le lieu et acheter ce qu'elle peut s'offrir dans la supérette ou le bazar du coin !Il aurait été souhaitable, diront des citoyens, d'organiser des semaines d'exposition de livres, des ateliers pédagogiques pour enfants, des forums et des rencontres de sensibilisation envers la tranche juvénile qui se shoote à la drogue ou encore des floralies pour réconcilier la ménagère avec son environnement immédiat, loin de flairer bon.Mais tout cela nécessite du bon sens et un effort conséquent. Et nos édiles qui restent toujours à court d'idées et de matière veulent investir le facile et le simplet. Ceux-là mêmes qui ne sont pas encore, dirions-nous, en mesure d'offrir le performant, l'utile et le beau à leurs concitoyens.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Tchoubane
Source : www.elwatan.com