
Que sont devenues les bibliothèques municipales en Algérie en ce début de XXIe siècle ' L'état d'abandon ou la paralysie de ces équipements publics est criant. Ajoutons à cette gabegie la désaffection du grand public, notamment celui juvénile qui bascule dans le giron internet. Ce qui revient à dire qu'il est pour le moins facile de consulter la Toile que de fureter un ouvrage dans une salle d'une structure culturelle qu'est la bibliothèque communale. «Mais rien ne remplace le livre», me lance un sexagénaire rencontré dans la bibliothèque diocésaine d'El Biar.Le projet de lancement d'une bibliothèque dans chaque commune initié il y a quelques années par le département de la culture, fait du surplace ou navigue à vue. Rappelons-nous, rien qu'à Bab El Oued il y avait pas moins de trois bibliothèques communales : une bibliothèque près du chef-lieu de la commune, une autre à la rue Mohamed Boumezrag (ex-Rochambeau) et une autre nichée dans le jardin de Bhirat Marengo (jardin de Prague).La première est fermée, la seconde n'existe plus et la troisième est squattée depuis quelque temps par une famille ! Un quatrième espace culturel situé à la rue Basta Ali et qui disposait d'un fonds livresque non négligeable a été finalement troqué. Nos «bien-pensants» de la commune ont jugé inutile de laisser ouvert cet équipement culturel pour le transformer in fine en service destiné aux inscriptions des listes électorales. Quelle politique du livre voudrions-nous si on lance en grande pompe que des bibliothèques ne tarderont pas à être réceptionnées au moment où d'autres sont en berne ou carrément supprimées ' C'est la dèche culturelle au même titre d'ailleurs des espaces culturels relevant des Arts et Culture qui n'offrent pas de lecture publique, meilleur compagnon de l'enfant notamment.Les gestionnaires de cet Epic, au lieu de faire dans le travail de proximité, confinent leurs activités à l'endroit des enfants qui sont en vacances d'hiver à des spectacles de magie et de clownerie. Une manière d'occuper davantage cette tranche enfantine que de fournir l'effort de cultiver chez elle cette envie de découvrir et de s'épanouir à travers des ludothèques, des écolothèques, le théâtre, la lecture publique, les sorties pédagogiques? Un Epic qui, soit dit en passant, souligne ne pas faire de gains, sauf que la médiathèque Abane Ramdane s'ingénie à offrir un service de photocopie à 2 DA, plutôt qu'à initier une action culturelle de qualité.Quant aux dépenses faramineuses pour la prise en charge des galas brésiliens en janvier dernier, alors que les établissements manquent terriblement de matériel didactique, l'on s'interroge sur l'opportunité et l'intérêt d'une pareille initiative. Autrement dit, s'il y aura au moins un retour de manivelle : faire connaître notre patrimoine musical dans le pays du zalindé et de la samba, à plus 8000 km de chez nous.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Tchoubane
Source : www.elwatan.com