
Les pouvoirs publics répètent à l'envi ces derniers temps que l'administration publique n'a de cesse d'améliorer ses offres de services au citoyen. Mais entre la théorie et la réalité du terrain, la situation est loin d'être moins contraignante au regard du parcours du combattant que doit faire le citoyen demandeur de documents. Que ce soit les services de l'état civil, ceux du fisc, de la Sécurité sociale ou celui du service social d'une commune destiné à la classe indigente, l'administration reste une entité papivore et le manque de coordination entre les différents services est on ne peut plus criant.L'intranet n'est pas leur fort. Résultat : on vous balance d'un service à un autre, une tâche censée ne pas vous incomber? Et quand bien même on met à la disposition des citoyens des registres de doléances de nature à prendre en compte les tares relevées, celles-ci ne sont jamais relayées par ceux supposés les supprimer, du moins les alléger et vous faire gagner, par conséquent, du temps non sans vous éviter le stress et l'accès de colère au passage. Au niveau de la daïra de Bab El Oued, le préposé au guichet ne dispose pas du fameux formulaire (el istimara), et le demandeur est invité à recourir droit au service du cyber ou au kiosque du coin pour l'acheter. Bizarre quand même qu'une administration ne soit pas en mesure de fournir un tel document avant d'envoyer l'homme ou la vieille de 70 ans aller faire la queue devant le cyber pour s'offrir «el istimara».A croire qu'il y a un deal entre l'administration et le cyber et le kiosque ! Une autre administration plus aguerrie à la paperasserie ne manque pas de toupet. Elle ne s'embarrasse point de demander à l'usager le certificat de décès de son père datant de moins de six mois. A croire là aussi que le papa meurt, retourne à la vie avant de trépasser une nouvelle fois, et cela autant de fois que notre administration l'estime. Dans ce registre, le bêtisier de notre administration se veut riche en «intelligence»: on exige chaque année à une vieille mémé de 79 ans un certificat de non-remariage pour prétendre à une allocation d'indigence de 3000 DA et un autre document légalisé avec témoins attestant d'une non-perception de quelques subsides.La malheureuse n'est pas au bout de ses peines. Elle doit faire le pied de grue devant la CNAS, la Casnos, la CNR et le CNRC et je ne sais quoi encore pour qu'elle se fasse délivrer, preuve par neuf, qu'elle n'est pas affiliée à ces caisses. Pendant qu'on y est, pourquoi ne pas demander à cette vieille, au crépuscule de sa vie, de se munir d'autres attestations de non-affiliation de la Cacobapth et de la caisse militaire ' Qui sait ' La dame usée par le poids de l'âge peut faire partie des effectifs de ces deux caisses lui permettant de tirer une juteuse pension de retraite... Une interrogation dès lors se pose et s'impose : notre administration ne peut-elle pas user de volonté et de bon sens, en épargnant toute punition, cette corvée infligée à la septuagénaire, et ce, en introduisant intranet entre les différents services d'état civil et caisses de sécurité et de retraite pour établir le bien-fondé de la chose '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M Tchoubane
Source : www.elwatan.com