
Pas de Maison de jeunes pour les adolescents, ni aire de jeu pour les enfants, ni espaces verts? A la cité AADL d'El-Malha, dans la commune de Ain Naâdja, l'insécurité au quotidien se conjugue à de nombreux autres problèmes qui rendent la vie des habitants à peine supportable. Toutes leurs doléances sont restées lettre morte, les autorités concernées n'ayant jamais réagi comme elles devaient le faire, et comme elles ont promis de le faire.La politique du relogement et la lutte contre le phénomène des bidonvilles ne font pas que des heureux. La délocalisation de ces cités induit souvent un changement dans les m?urs, notamment chez les jeunes, qui se livrent volontairement à des rixes sans fin. C'est le cas de la cité AADL à El-Malha, dans la commune de Aïn Naâdja, qui vit un cauchemar depuis son occupation en 2008. L'arrivée des occupants des baraques de Bordj El-Kiffan et ceux de la carrière de Bab El-Oued, dans le cadre du relogement des cas sociaux, à la cité Cosider ont complètement bouleversé le quotidien des habitants de la cité AADL d'El-Malha qui, désormais, vivent au rythme des bagarres permanentes entre jeunes des deux quartiers cités. Les raisons évoquées des deux côtés sont souvent banales et peinent à convaincre les locataires de la cité AADL qui assistent, impuissants, à ces rixes cycliques de gangs. Un différend entre deux jeunes peut se transformer en un clin d'?il en bagarre impliquant inévitablement des centaines d'autres jeunes adolescents dont la tranche d'âge varie entre 17 et 20 ans. Il n'est pas rare non plus de voir certains adultes rejoindre ces petits groupes. Les parents, qui sont souvent absents la journée pour des raisons professionnelles, laissent le terrain libre à ces jeunes, victimes de la déperdition scolaire et de surcroît au chômage, faire la loi dans ce quartier faute d'alternative. Conjuguons cela avec l'absence d'infrastructures culturelles et sportives et le décor est planté. Non pas pour un film d'action et de fiction, mais pour des affrontements très dangereux entre bandes appartenant à deux quartiers voisins. «A ce rythme, un jour ils finiront par utiliser des armes à feu», s'est indigné un habitant de la cité AADL. «La cité est devenue invivable, les voyous font leur propre loi au vu et au su de tout le monde sans que quiconque ne daigne bouger le petit doigt», a encore souligné notre interlocuteur «outré» comme beaucoup d'autres de ses voisins. «Parfois, je me demande vraiment si j'ai raison de rester ici», a-t-il ajouté évoquant tout simplement «un cauchemar» en l'absence d'une sûreté urbaine aux alentours de la cité. «A chaque bagarre, les responsables locaux ainsi que ceux des services de sécurité, viennent nous assurer et s'engager devant nous quant à l'implantation d'une sûreté urbaine dans les plus brefs délais. Cela fait un peu plus de deux ans que cela dure mais rien n'a été fait», a-t-il regretté. Et les conséquences sont connues : des bandes armées de couteaux, de sabres et parfois même de cocktails Molotov continuent de semer la terreur dans ces cités.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Farid Houali
Source : www.infosoir.com