Trop ! C'est trop ! « Il est dans la tolérance un degré qui confine à l'injure », disait Jean Rostand. Une citation dont la portée profonde nous invite à remettre en cause notre système de gestion de la vie publique qui nous échappe. En plus du diktat imposé par les voituriers qui vous menacent avec leurs battes et les petits revendeurs qui congestionnent les lieux publics, vous obligeant à faire le tour pour rejoindre vos pénates, la peur s'installe de plus belle. Et le danger se fait plus menaçant. Ce qui s'est produit le week-end dernier par des meutes de délinquants sur les hauteurs de Bab El Oued et dans la commune de Oued Koreich donne le haut-le-corps et le haut-le-c'ur.La violence des quartiers a une nouvelle fois frappé ces deux communes dont les acteurs sont de « petits nababs » qui profitent d'un certain laxisme. Après une opposition larvée entre deux groupes, depuis plusieurs mois, la guerre des clans est déclenchée à coups d'armes blanches, faisant une dizaine de blessés et semant la terreur dans la cité. L'espace de quelques jours, les secteurs à hauts risques sont quasiment cadenassés par les brigades mobiles de la police pour déterrer les auteurs de pareils troubles qui confortent le sentiment d'insécurité au sein des populations. La genèse de l'affaire remonte à quelques mois, lorsqu'un grossier client refuse de payer sa « bouffe » consommée dans un fast-food attenant au jardin Taleb Abderrahmane.Ce dernier, faisant un boucan, se fait rappeler à l'ordre par le voisinage. Mal lui en prit. Le lendemain, il ameute ses congénères pour se livrer, la nuit, à des déprédations. Devant le regard médusé des habitants, ils commettent leur ignoble forfait le long de l'avenue Colonel Lotfi et la rue Omar Benaïssa en faisant voler en éclats les pare-brise des carrosses en stationnement. Une descente qui nous rappelle une scène digne des films western de Sam Peckinpah. Il serait déplacé de nous fourvoyer dans le motif de la dispute qui a dégénéré en rixe, frisant le drame. Comme il ne serait pas moins malvenu de faire porter uniquement le chapeau aux causes qu'on connaît déjà et qui se résument notamment dans le chômage, la promiscuité et le manque de loisirs dans ces cités populeuses.Diagnostiquer le malaise d'une malvie qu'endure la frange juvénile, par une étude sociologique, c'est bon. Donner les moyens aux jeunes de s'exprimer pour s'épanouir, est nécessaire.Mais fermer l''il sur des méfaits qui prennent des proportions alarmantes et mettent à mal la société, c'est inacceptable. Voire inadmissible.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M. Tchoubane
Source : www.elwatan.com