El-Oued

Ils étaient près de 70 000 supporters Ambiance colorée au stade du 5-Juillet



Ils étaient près de 70 000 supporters Ambiance colorée au stade du 5-Juillet
C'était la folie hier au temple olympique du 5-Juillet. De la folie, au sens sportif et folklorique du terme comme au sens propre et symptomatique.
La fête et la pagaille à l'algérienne s'étaient, ainsi, réunies très tôt le matin pour donner à cette 49e finale de la Coupe d'Algérie des airs de gigantesque kermesse à ciel ouvert alliant tout ce que la mauvaise organisation et la bêtise humaine ont fait de meilleur. Ou plutôt de pire.
On savait qu'il y aurait foule. On ne savait, cependant, pas que l'empressement de quelques centaines de supporters les pousserait jusqu'à passer la nuit à la belle étoile aux alentours du stade, question d'être les premiers aux portes d'entrée. Lorsque le temple olympique ouvrit ses portes à 8h30, quatre-vingt-dix minutes seulement suffirent pour le remplir à ras bord. Les aiguilles des Trois-Horloges d'un Bab El-Oued subitement vidé de sa substance humaine et orphelin des airs de fiesta des jours précédents n'affichaient pas encore dix heures que le temple olympique était archicomble.
Dès lors, dépassés par les évènements, coupables par leur absurde stratégie basée sur la cupidité, la désinformation et un populisme de bas étage, ceux qui gèrent le stade du 5-Juillet ont opté pour la fermeture des portes, ce qui créera une ambiance délétère et électrique aux abords de l'enceinte algéroise, là où s'entassaient par milliers des supporters des deux camps qui n'ont pas accédé aux tribunes et gradins en dépit de détenir, en main, le fameux sésame que représente le billet d'entrée.
Refoulés comme aux plus sombres heures de la répression typiquement arabe, ces supporters, pourtant dans leur plein droit d'accéder à ladite enceinte pour suivre cette finale derby dans la mesure où ils en ont payé le prix et détenaient des billets en bonne et due forme, ont même été contraints par l'énorme dispositif sécuritaire mis en place de quitter les lieux en raison des mesures draconiennes consistant à installer un périmètre de sécurité qui maintiendrait la foule restée en dehors à quelque 500 mètres du temple olympique.
Au vu du nombre très important des supporters auxquels l'accès au stade a été refusé, des interrogations légitimes fusaient dans le ciel de Chevalley. Si ceux qui détenaient des billets sont restés dehors, cela voudrait-il dire qu'autant de personnes ont pu facilement prendre place dans les tribunes et gradins sans pour autant avoir payé leur billet ' Comment se fait-il alors que dans un tel événement, les organisateurs aient poussé l'indécence et la malhonnêteté jusqu'à permettre de tels dérapages, qui plus est sous les yeux de tout un gouvernement ' Ou alors, ces mêmes responsables auraient-ils poussé leur irresponsabilité jusqu'à mettre en vente un nombre de billets supérieurs à la capacité réelle du 5-Juillet '
La meilleure et la plus convaincante réponse que pourraient, dès lors, avancer les responsables de l'OCO pour justifier 'leur irresponsabilité" de l'énorme pagaille qui a régné hier aux alentours du stade olympique et se dédouaner aux yeux de l'opinion sportive à la faveur d'un irréfutable argumentaire serait, tout simplement, de rendre publique, chiffres à l'appui, la recette d'une telle affiche ! Ne serait-ce que pour compenser l'étrange et ridicule black-out de l'ENTV à ce sujet, elle qui n'a pas jugé utile de diffuser ne serait-ce qu'une seule image de ce carnage comme pour nous confirmer, si besoin l'était vraiment, sa vision toute tiers-mondiste.
Ceux qui ont été matraqués dehors, ceux qui ont été victimes de jets de projectiles et tous ceux qui ont payé de leur physique le lourd tribut des scènes d'émeutes qui se sont déclenchées méritent, au moins, un tel égard, surtout qu'un bon de nombre de blessés a été enregistré. Les journalistes et représentants des différents organes de presse ayant eu, comme d'habitude, toutes les peines du monde pour pouvoir accéder au stade et prendre place dans l'espace qui leur est réservé, cette énorme pagaille aura, au moins, profité aux vendeurs ambulants qui ont écoulé tout leur stock en matière de sandwichs, boissons et eau minérale pour répondre à la forte demande d'une masse populaire affamée, assoiffée et affaiblie. Fort heureusement pour une telle finale, l'ambiance dans les tribunes et gradins, où Mouloudéens et Usmistes étant quasiment à présence égale, était à la hauteur de la réputation des deux galeries voisines.
Au milieu, les éléments de la Protection civile égayaient, comme à leur habitude, les rares temps morts que s'accordaient fidèles du MCA et inconditionnels de l'USMA.
L'entrée des deux équipes à 14h pour tâter le terrain et découvrir la folle ambiance a provoqué ensuite un véritable séisme en tribunes, chose qui a poussé les joueurs mouloudéens et usmistes à immortaliser de telles belles images sur leur téléphone portable et oublier, un tant soit peu, leur mésaventure commune à l'entrée du temple olympique lorsque les supporters mécontents d'être restés à carreau avaient caillassé leurs bus.
La finale, la vraie, venait véritablement de commencer dans leur tête. Sur le terrain, il aura fallu patienter moins de deux heures pour que le coup de sifflet initial soit donné. Au grand bonheur de tout un stade de rouge, de noir et de vert vêtu, dans une ambiance de fête et de folie.
R B
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