
Il y a des clubs où la chose est plus visible que dans d'autres. Pour des raisons de palmarès, d'ancrage régional ou simplement d'ambition trop ostentatoirement clamés par leurs dirigeants, la gestion des clubs par la «rue» et inversement la gestion de la? rue par les clubs, s'apparentent à une sorte de vases communicants dont on ne peut cacher ni les faits ni les effets.A tout seigneur tout honneur, la JS Kabylie est certainement l'exemple caractéristique en la matière.Pour plein de raisons mais surtout parce que ce club tient le meilleur palmarès de l'histoire du football algérien, son ancrage régional est une évidence et ses dirigeants, l'un dans l'autre, ne peuvent plus se permettre le luxe de la figuration dans toutes les compétitions nationales ou continentales. Pour coller à l'actualité donc, la JSK s'est séparée de son entraîneur belge dans les conditions que tout le monde connaît. En faisant appel à Djamel Menad, un grand joueur dont le club a été le tremplin pour une grande carrière, la direction a pensé plus à sa popularité auprès de ses supporters qu'à ses compétences techniques, même s'il est loin d'être un mauvais entraîneur. Mais voilà que M. Menad n'est pas venu en courant. Il formule même des exigences apparemment difficiles à satisfaire par le président.La? rue intervient alors pour sommer M. Hannachi d'accéder à toutes les demandes de l'entraîneur capricieux. Il n'y a pas longtemps, la rue a tué un joueur et le concours de circonstances ne doit pas être seul à expliquer le drame. Parmi les lanceurs de pierres, il doit certainement en exister certains qui ont été sortis d'un commissariat par les dirigeants du club. Et d'autres encore, qui ont eu le privilège d'être? écoutés quand les résultats ne sont pas à la hauteur de leurs attentes ! Toujours dans l'actualité, un club tout aussi emblématique du «phénomène», le Mouloudia d'Alger.On dit qu'il est le plus «populaire» du pays, il a donné le premier titre continental à l'Algérie, il a gagné beaucoup de titres nationaux et c'est le plus grand club de la capitale, ce qui lui confère un statut? politique particulier.Le rapport du Mouloudia à la rue est donc - aussi - particulier. Le club est porté par la rue et il le rend bien à? ceux qui en tirent les dividendes. Pour en tirer un maximum, il faut des résultats qui ne viennent pas toujours, même avec les gros moyens de? Sonatrach ! La rue est mécontente et le club doit ménager la rue parce que c'est aussi ce qu'on lui demande. Le Mouloudia a recruté un entraîneur qui a fait ses preuves dans un petit club de banlieue sans moyens et sans prétention mais qui a fini par? bien jouer au foot. Mais «bien jouer au foot», ça demande un peu de temps et ce n'est pas vraiment ce que qui est attendu de Boualem Charef par ses nouveaux employeurs. Alors, on ne sait plus qui fait bouger la rue du côté de Bab El Oued, tellement il y a de monde autour. «Je ne vais pas laisser la rue gérer le club», vient de déclarer le président d'un autre club, le CRB en l'occurrence. C'est beau à entendre mais attendons pour voir. Le ventre de la rue est toujours fertile.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com