El-Oued - A la une

Foi en la culture'



Le mot «culture» inspire le respect. C'est ainsi que ce respect est venu se glisser automatiquement, tout à côté de la nouvelle ministre du secteur. Elle se prénomme Meriem, et a été choisie dans un gouvernement provisoire. Qu'à cela ne tienne. Ne boudons pas le plaisir de voir, enfin, un profil assez jeune et issu d'une famille d'hommes de culture. Ça, personne ne le rendra provisoire ou éphémère (?). Reste que son action au sein de ce gouvernement dépendra, ou pas, de sa volonté, de sa compétence, de son travail, de son honnêteté intellectuelle. Et, vu que ça fait belle lurette qu'on n'a pas vu une personne aussi cultivée à la tête du secteur, faut espérer, et avoir foi en la culture. Les indicateurs de la conjoncture actuelle s'imaginent que l'action du gouvernement pourra avoir une forte influence sur la sécurité, sur l'emploi, sur le logement, sur le pouvoir d'achat, ainsi de suite?Mais, quid de la culture ' Qui pour la juger et l'évaluer selon la seule foi qui reste valable, le pays ! Compte tenu du temps nécessaire pour voir apparaître les premiers résultats d'une nouvelle politique culturelle, l'évaluation se limitera aux méthodes et moyens mis en ?uvre ' Y'a d'autres chats à fouetter, apparemment? «Au niveau de la culture, ce n'est pas trop grave, contrairement à l'échelon d'un fonctionnaire, d'un juge, d'un policier, d'un banquier ou d'un médecin», estiment certains. Eludant le côté culturel, ils pensent aux conséquences dramatiques que pourraient vivre nombre d'administrations et institutions, directement impactées par le sociétal, consumérisme aidant. Là, le mot «culture» n'inspire plus aucun respect, et c'est étonnant d'être aussi bête. Cette bêtise forcerait plutôt le respect. L'inculture, la bêtise, l'ignorance, le délire, et tous les travers de société mal assumés, ça se soigne par la culture ! La nouvelle ministre doit en avoir conscience, elle qui, entre sociologie, histoire, littérature et journalisme, a de bonnes raisons de craindre pour sa culture.
C'est que cette culture préserve l'identité, sa langue, ses traditions, ses modes de pensée et ses formes d'expression artistique. Difficile de les protéger, à l'heure où tout tend à les niveler, à les standardiser, à les référencer selon le seul cursus qui vaille, le cursus nommé argent. Ce qui se produit est un phénomène rapide, réducteur, profond, insidieux, mais hélas efficace quand la culture s'inscrit dans une logique purement marchande. La diversité culturelle n'est pas un vain mot dans notre pays. Elle anime les c?urs et les sens d'Est en Ouest, du Nord au Sud. Les politiques de soutien public ne peuvent pas, à elles seules, permettre la diversité qu'il y a à «Rahbet lejmel», «Tijdite» ou «Bab el Oued». Et il serait peut-être temps, aussi provisoire soit-il, d'en finir avec les subventions publiques, qui abreuvent les prix décernés aux festivals de cinéma ou de théâtre. En finir aussi avec ces recommandations qui font plus penser aux congrès politiques qu'à des manifestations artistiques. Le théâtre, le cinéma, c'est un questionnement du présent qui ne doit pas être marqué par le sceau du discours dominant. Au niveau des lieux populaires cités précédemment, on adore ces codes, cet ensemble de langages qui font que la culture sera respectée?
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