
La ville des Bibans fait face à une situation environnementale difficile en raison de la prolifération des décharges sauvages.Ces dernières, au nombre de 32, défigurent villes et villages, mais sont aussi sources de problèmes respiratoires pour les citoyens, car quotidiennement incendiées, et de maladies avec tous les déchets nuisibles qu'elles contiennent et qui peuvent être transportés par les chiens errants, les insectes et les personnes qui les fréquentent.Ces personnes qui y cherchent des produits récupérables montrent des signes de misère tant dans leur aspect vestimentaire, que dans leurs gestes. Par manque de ressources pour s'alimenter, ils s'exposent à de graves risques en fouillant dans les déchets. La récupération qui est une industrie sous d'autres cieux a des règles qui ne sont pas respectées ici.Des risques énormes pour des miettes qui suffisent à peine à nourrir quelques bouches. Autant dire que la lutte contre les décharges sauvages ne revêt pas seulement un aspect environnemental, elle a également une dimension sociale, voire économique. La direction de l'environnement de la wilaya qui manque de démembrements dans les communes et les daïras pour mieux suivre la situation du secteur a envisagé une stratégie d'implantation de centres d'enfouissement techniques (CET) qui offrent les avantages du choix d'un lieu contrôlé, de protection des déchets contre toutes les manipulations et d'empêchement de leur transport par le vent ou les insectes puisqu'ils sont enfouis sous terre.Mais ces centres réalisés au chef-lieu de wilaya et à Khelil ne suffisent pas à contenir tous les déchets de cette vaste wilaya. Le travail quotidien engagé par les agents de nettoiement des 34 communes de la wilaya ne couvre pas également toute la quantité générée par les habitants.Selon les chiffres de la même direction, ces habitants rejettent 500 tonnes de déchets par jour. Seuls 70 % de cette quantité sont collectés, alors que le traitement ne dépasse pas les 40 %. Ce qui est très peu, si on veut que le décor qui défigure les routes, les espaces et même les rues, change. Notons que les capacités du CET du chef-lieu de wilaya sont de 52 142 tonnes par an, alors que celui de Khelil ne peut traiter que 9008 tonnes annuellement. D'où l'obligation pour la direction de prévoir des centres pour les zones Ouest et Sud, tout en renforçant la région Est avec un CET à Ras El Oued, seconde agglomération de la wilaya.Uune décharge contrôlée est en cours de réalisation à Rabta pour couvrir toute la daïra d'El Hamadia, au sud. Une autre a été inscrite à Mansourah, à l'ouest de la wilaya.Mais son implantation dans la localité de Mziraa a posé un problème aux citoyens qui se sont opposés à ce projet à cause de l'orientation du vent qui risque d'occasionner des gênes respiratoires. Le lieu a été changé pour être déplacé non loin de là, tout en respectant le souci des citoyens.Une déchetterie industrielle et une autre pour les déchets solides sont également prévues pour prendre en charge ces deux genres qui sont aussi importants que nocifs. La première a une capacité de 784 tonnes, la seconde peut recevoir 87000 m3. D'autres projets sont inscrits pour couvrir toutes les régions de la wilaya, mais la situation financière du pays risque de retarder ces opérations, renvoyant à plus tard la nécessité de couvrir tous les déchets.500 tonnes de déchets par jourLe comportement des citoyens est l'élément qui préoccupe le plus la direction de l'environnement, qui a ouvert une maison dans ce sens.Cette maison de l'environnement construite sur la route d'El Anasser a pour mission de sensibiliser les citoyens sur la nécessité de protéger la nature, l'air et l'eau à travers l'encouragement de clubs verts. Très utiles, ils ne suffisent néanmoins pas pour lutter contre ces comportements, d'autant que la structure se trouve loin du centre-ville et n'a pas programmé d'actions pour toutes les communes. La conjugaison des efforts de toutes les parties, société civile, médias, élus locaux et services concernés est nécessaire pour améliorer la situation du secteur.C'est vrai que des associations s'occupent de ce dossier et prennent des initiatives louables qui restent hélas insuffisantes. En attendant une prise de conscience collective, c'est le manque de civisme qui prime. Le premier responsable de la wilaya qui a fait de l'assainissement de cette dernière et plus particulièrement de son chef-lieu, son cheval de bataille, a révélé que les opérations de volontariat pour l'embellissement de la ville, entamées depuis le mois d'août passé, ont permis de lever 174 665 tonnes de déchets. M. Saidoun qui a expliqué que la majeure partie de ces déchets, soit 173 130 tonnes sont des restes de construction contre 1530 autres pour les déchets ménagers, a rappelé que 1993 agents et 512 engins appartenant à 22 APC et 379 entreprises publiques et privées ont été mobilisés pour ces opérations qui ont touché 432 sites. Le wali qui a tenu à saluer les agents de nettoiement pour leur travail quotidien d'enlèvement des ordures a expliqué que le bilan présenté ne fait pas état des actions de ces agents qui collectent chaque jour des tonnes de déchets domestiques et les orientent vers le centre d'enfouissement technique de la commune. Faudra-t-il une armée d'agents et une mobilisation de tous les services pour que les déchets disparaissent de nos espaces 'Cette action qui semble immense est pourtant facile. Il suffit que chacun de nous fasse son devoir tous les jours, soit sortir ses ordures à temps et dans le lieu qu'il faut.Simple comme bonjour ou plutôt comme la citoyenneté dont il est une des facettes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hocine N
Source : www.letempsdz.com