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Entre lourdeur de la pathologie et rejet de la société



Entre lourdeur de la pathologie et rejet de la société
Logement insalubre, chômage, conflits familiaux, addiction aux drogues sont autant de facteurs qui s'associent pour métamorphoser, en un laps de temps très court, une personne normale en être délirant, complètement déphasé par rapport à la réalité, et parfois violent et agressif envers son entourage immédiat.Et le constat est alarmant: un Algérien sur six souffre de traumatisme psychiatrique ou de dépression nerveuse, et plus de 300 millions de personnes dans le monde en souffrent, soit une augmentation de 18% de 2005 à 2015, selon des statistiques avancées par l'OMS. Autour de ce thème et sous le slogan ??La santé mentale, parlons-en''», la DSP de Bordj Bou Arréridj, en coordination avec l'Ecole paramédicale Errazi, a célébré, avant-hier, la Journée mondiale de la santé, en essayant de cerner un tant soit peu le sujet, à travers un exposé présenté par Achour Abid, psychologue à l'EPH de Ras El Oued, en présence de bon nombre d'élèves de ladite école et de praticiens.Selon le conférencier, la dépression est une maladie qui se caractérise par une tristesse persistante, une perte d'intérêt pour les activités susceptibles de procurer du plaisir, et par une incapacité à accomplir des tâches quotidiennes. En outre, la dépression se manifeste, généralement aussi, par les symptômes de perte d'énergie, de modification de l'appétit, une insomnie ou hypersomnie et une anxiété.En revanche, il est possible, selon le conférencier, de traiter la dépression à l'aide de la psychothérapie et/ou des médicaments antidépresseurs. Des consignes ont été préconisées au malade lors de cette rencontre, notamment d'élargir le champ de communication avec son médecin traitant et l'entourage, de faire des activités qui le passionnent et des activités physiques, de manger et dormir à l'heure.L'une des scènes, parmi tant d'autres, à laquelle nous avions pu assister dans la rue, il y a quelque temps, c'est celle d'un déficient mental atteint d'une maladie neurologique chronique, qui arpentait la chaussée de long en large, sans se rendre compte du danger des véhicules qui le frôlaient dangereusement, en s'en prenant aux passants, la gent féminine particulièrement. Un état des lieux suffisant pour constater une défaillance mentale et donc une prise en charge immédiate, avant qu'il n'arrive un malheur par démence, soit au malade lui même, du fait qu'il échappe à la vigilance de ses proches, soit à son éventuelle victime.Sur ce cas de figure, nous avions mené notre petite enquête concernant le malade en question. On nous a appris qu'il s'agissait d'un malade mental depuis un certain temps, suivi par un psychiatre, et c'est sa mère qui veillait sur lui, en lui administrant ses doses journalières de médicaments. Sauf que la quantité suffisante pour trois mois que le médecin avait prescrite, le malade l'avait prise en un mois, de son propre chef. D'où le délire provoqué par le manque de neuroleptiques qu'il n'aurait pas pris depuis deux mois.Dans ce cas, son médecin traitant a catégoriquement refusé de renouveler l'ordonnance, pour éviter de tomber dans l'overdose, ce qui est déconseillé dans toute maladie, d'ailleurs. A la lourdeur de la pathologie, accompagnée parfois par l'indifférence de la famille et le rejet de la société, s'ajoute le coût élevé du traitement pour des malades, souvent sans ressources.Or pour ouvrir droit aux soins avec une prise en charge totale de l'assurance, le malade doit d'abord s'adresser à la DAS, muni d'un certificat médical attestant de la maladie chronique, délivré dans ce cas de figure par un psychiatre, qui l'orientera à son tour au service des ?uvres sociales de la mairie, qui lui remettra, enfin, la carte de malade chronique, assortie d'une pension mensuelle de 3000 DA. «Pourtant, le premier pas vers le traitement et la guérison de cette pathologie est simple : il suffit de parler et de s'extérioriser à une personne de confiance», selon Dr Saxena, directeur du département santé mentale et abus de substances psycho actives à l'OMS.
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