El-Oued - A la une

Entre 18 000 et 20 000 autopsies sont pratiquées annuellement en Algérie



Entre 18 000 et 20 000 autopsies sont pratiquées annuellement en Algérie. 98% de ces autopsies sont pratiquées par des médecins légistes. Et ils ne sont que 220 répartis sur tout le territoire national.Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Un nombre insuffisant ' Pas autant que ça. Puisque selon le président de l'académie algérienne de développement des sciences médicolégales, l'Algérie dépasse de loin le nombre de médecins légistes existants dans tous les pays du Maghreb réunis, où la médecine légale n'est pas encore assez développée.
Le professeur Rachid Belhadj estime, cependant, qu'une autopsie doit s'effectuer par deux médecins légistes au lieu d'un seul médecin actuellement. «C'est pour être plus juste, que nous ne voulons pas que ce pouvoir de déterminer les causes de la mort soit donné à un seul médecin car il peut se tromper», dit le professeur.
Ce médecin légiste appelle à une meilleure formation et à l'équipement des services de médecine légiste par de moyens modernes. «Nous voulons aussi humaniser nos structures et donner la chance aux jeunes médecins légistes de faire des formations spécialisées comme la toxicologie médicolégale post-mortelle, l'anapath post-mortelle et surtout la biologie post-mortelle qui reste le maillon faible de la spécialité», a souligné le chef de service de la médecine légale du CHU Mustapha-Pacha.
L'Algérie, dit-il, accuse un déficit d'experts dans ces disciplines. C'est pourquoi, il appelle à l'octroi des bourses à l'étranger pour la nouvelle génération de médecins légistes qui s'intéressent encore à la spécialité. Une spécialité qui cherche aussi une attention de la part des autorités. «Nous voulons aussi que le ministère de la justice s'intéresse à la médecine légale à travers la création d'un comité mixte de suivi d'évaluation de l'activité médicolégale sur le territoire national qui sera sous la tutelle des ministères de la santé et de la justice», a indiqué le professeur Belhadj qui appelle aussi «à inscrire cette activité dans une politique de développement».
Les choses sont, cependant, en train de bouger. C'est le cas avec la création, depuis 2015, de systèmes d'urgences médicojudiciaires. Une opération pilote a été effectuée aux CHU Mustapha et Bab-el-Oued.
Le président de l'académie algérienne de développement des sciences médicolégales appelle à la généralisation de ce mode de fonctionnement 7j/7 et 24h/24.
Ce mode de fonctionnement, dit-il, permet d'apporter assistance aux magistrats, aux officiels et même aux victimes. «Vous ne pouvez pas demander à une victime d'une agression, par exemple, qui vient vous voir un vendredi de revenir un dimanche car d'ici là, les preuves seront effacées. Alors dans un service d'urgence médicolégale, nous effectuons même les examens complémentaires et la sécurité des prélèvements est assurée», explique notre interlocuteur qui rappelle que depuis 2008, les médecins légistes assurent les gardes et travaillent même les week-ends. Cependant, en plus des médecins en spécialisation qui désertent la spécialité, la médecine légale fait face aussi au manque du personnel paramédical spécialisé.
Le professeur Belhadj a expliqué, par ailleurs, que l'autopsie est pratiquée dans les cas de mort violente, des suicides, des accidents de travail mortels et accidents domestiques mortels, les attaques criminelles ainsi que les cas de mort subite, qui sont généralement des cas d'overdose.
Par ailleurs, le professeur appelle l'Etat à s'intéresser «à ces travailleurs de la mort qui ne s'en sortent pas toujours indemnes vu la spécificité du métier».
S. A.
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